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Macro-économie / Taux / pétrole

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Pourquoi le pétrole s'effondre

Le cours du Brent a perdu plus de 21 % depuis début octobre, malgré les anticipations des marchés du rétablissement des sanctions américaines et alors que la production vénézuélienne est toujours aussi basse. Explications.
Pétrole - essence - station
Pétrole - essence - station

La chute des cours du pétrole de plus de 20 % en un mois n'est clairement pas une bonne nouvelle pour le gouvernement au moment où celui-ci tente de faire avaler la mise en place de la taxe carbone et que la grogne contre la hausse des prix du carburant gagne du terrain. Car le gouvernement a affirmé que seulement 20 % à 25 % de la hausse des prix à la pompe provenait de sa décision d'augmenter la mise en œuvre de la taxe carbone, le reste résultant de la flambée des prix du Brent. Celui-ci est passé de 61 dollars à 86 dollars entre novembre 2017 et début octobre 2018. Mais il a depuis chuté pour se retrouver autour de 72 dollars.

Au-delà de ces considérations politiques, la forte chute du baril depuis début octobre est surprenante à plus d'un titre. D'abord, les marchés savaient que les États-Unis rétabliraient leurs sanctions contre l'Iran début novembre, ce qui aurait logiquement dû faire monter les cours du Brent, par anticipation d'une diminution de l'offre iranienne. Ensuite, le Venezuela, l'un des principaux producteurs de l'OPEP, est toujours dans une situation économique aussi difficile et a considérablement réduit sa production pétrolière quotidienne depuis plusieurs mois.

Comment dans ces conditions justifier la baisse rapide du baril ? L'explication est double, selon Harry Tchilinguirian, stratégiste matières premières chez BNP Paribas à Londres. Tout d'abord, le pétrole a subi le contrecoup des baisses sur les marchés actions. Le deuxième facteur est l’engagement de l’Arabie saoudite d'augmenter sa production au-delà des montants initialement anticipés par le marché. Par ailleurs, les États-Unis ont pour l'instant exempté de sanctions les principaux acheteurs de pétrole iranien (dont la Chine, l'Inde et le Japon ainsi que cinq autres États). Ces huit pays disposent de six mois supplémentaires durant lesquels ils pourront continuer à acheter du Brent iranien, ce qui a également pu rassurer les marchés et contribuer à faire baisser le baril.

Pour autant, le mouvement de repli du Brent ne devrait pas durer estime Harry Tchilinguirian. "L’administration américaine reste toujours aussi déterminée à réduire les exportations de l’Iran. Les exemptions sont temporaires et en contrepartie d’efforts déjà engagés pour réduire le montant des volumes importés", explique ainsi le stratégiste. Par conséquent, la quasi pleine réduction des exportations iraniennes interviendra simplement plus tard que prévu, au cours du second trimestre au lieu du premier trimestre 2019.

Ainsi, quand bien même l’Arabie saoudite augmente sa production, il lui sera difficile de compenser à elle seule une baisse de l’offre, résultant à la fois de la chute des exportations iraniennes, du recul de production au Venezuela ou bien encore du risque d’interruption de la production dans des pays dont les conditions domestiques sont instables comme la Libye.

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