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Les Etats-Unis sanctionnent l’Iran, déjà à bout de souffle
Le 8 mai dernier, Donald Trump s’est désengagé de l’accord signé en 2015 sur le programme nucléaire iranien. Conclu après de longues négociations internationales, il a permis de lever une grande partie des sanctions contre Téhéran en échange du contrôle du programme nucléaire iranien par les pays signataires. Les Etats-Unis ont annoncé officiellement les nouvelles sanctions prises contre l’Iran, qui tente de son côté de sortir de la dépréciation exceptionnelle de sa monnaie nationale.
A l’approche de la fin de la période des 90 jours octroyés par les Etats-Unis à l’Iran début mai, Washington a annoncé le premier train de mesures qui entrent en vigueur dès aujourd’hui. Bien que Donald Trump eût accordé cette période transitoire à Téhéran, la simple annonce de son désengagement unilatéral de l’accord iranien le 8 mai dernier a suffi pour provoquer le plongeon de la devise nationale, le rial. C’est finalement une annonce bilatérale qui a lieu, celle de la première vague de sanctions prévue du côté américain, les nouvelles règles de contrôle des changes du côté iranien. « Quelle que soit la décision de Trump, nous résisterons », avait prévenu le Président Hassan Rohani il y a près de trois mois.
Le premier volet de sanctions à l’encontre de l’Iran est donc clairement affiché alors que la seconde vague de mesures devrait s’abattre en novembre prochain. Il se décline en quatre sections, un blocage sur les transactions financières bilatérales et les importations de matières premières, des entraves aux achats sur le secteur automobile et l’aviation commerciale. Washington précise par ailleurs que les sanctions seront effectives immédiatement pour les nouveaux contrats et donne un délai de 90 à 180 jours aux entreprises étrangères pour cesser les activités avec l'Iran. Après une autre période transitoire de 180 jours accordée à Téhéran, la seconde vague de sanctions devrait quant à elle porter sur le secteur pétrolier et gazier, et sur la banque centrale. Mais déjà, ces premières annonces ont eu un impact haussier sur le prix du pétrole, les sanctions des Etats-Unis réduisant drastiquement le nombre de barils sur le marché. Ainsi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre valait 74,10 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 86 cents par rapport à la clôture de vendredi.
D’après la chaîne publique de télévision iranienne, le pays a quant à lui annoncé hier les nouvelles règles de contrôle des changes, dont l’objectif est d’endiguer la chute exponentielle du rial, qui a perdu près des deux tiers de sa valeur en six mois. De nouvelles directives qui arrivent à point nommé alors que le climat national se dégrade. En effet, les manifestations contre les difficultés économiques se succèdent et 29 personnes ont d’ores et déjà été accusées de crimes passibles de la peine de mort pour avoir selon les autorités, participé activement à la dépréciation de la monnaie nationale. Enfin, le chef du département des changes Abbas Araghchi a été limogé samedi dernier pour la mauvaise gestion de la crise monétaire en cours dans le pays. C’est dans ce contexte que le gouverneur de la banque centrale iranienne, Abdolnaser Hemmati, a décidé d’adopter de nouveaux réflexes. Le plan de Téhéran consiste à réinjecter les réserves nationales en devises fortes dans l’économie. Ainsi, la banque centrale autorise désormais la création de comptes libellés en dollars, supprime la limite fixée à l’entrée de devises ou d’or dans le pays et les devises considérées comme fortes sont maintenant disponibles à un taux bonifié pour l’achat de médicaments et de produits de première nécessité.
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