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La Turquie se fait taper sur les doigts par les États-Unis et l'Union européenne
Donald Trump, qui a demandé à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan un arrêt immédiat de l'offensive en Syrie, vient de signer un décret autorisant des sanctions contre d'actuels et anciens membres du gouvernement turc. Ce décret permettra des saisies de biens et des interdictions d'entrée sur le territoire américain. Les ministres turcs de la Défense, de l'Énergie, et de l'Intérieur, ainsi que l'ensemble de leurs services sont notamment visés, a précisé Steve Mnuchin, le secrétaire américain au Trésor. Le Président américain a aussi annoncé le relèvement à 50 % des droits de douane américains sur l'acier turc - six mois après leur abaissement - et la fin immédiate des négociations avec la Turquie autour de ce qu'il a qualifié d'accord commercial à hauteur de 100 milliards de dollars. Ces sanctions américaines pourront être renforcées en fonction de l'évolution de l'attitude de la Turquie. Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a déclaré qu'il rencontrerait la semaine prochaine les alliés des États-Unis au sein de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) pour les exhorter à prendre des "mesures diplomatiques et économiques" contre la Turquie, elle-même membre de l'OTAN.
Les pays de l'Union européenne (UE), eux, se sont entendus sur un régime de sanctions économiques à l'encontre de la Turquie pour ses forages gaziers dans les eaux territoriales de Chypre. Ils se sont en revanche abstenus d'imposer un embargo à l'échelle de l'UE sur les exportations d'armes vers la Turquie, se contentant d'une limitation de ces livraisons d'armements. Plusieurs pays ont néanmoins choisi à leur échelle de suspendre leurs exportations d'armes vers la Turquie. Cela a été le cas de la France et de l'Allemagne au cours de la fin de semaine dernière. L'Italie, première exportatrice d'équipements de Défense à la Turquie, va elle aussi geler ses livraisons d'armes, a annoncé mardi le ministre local des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, selon lequel la mise en place d'un véritable embargo au niveau européen nécessitait plusieurs mois de préparation. La Grande-Bretagne, elle, a entamé une réflexion sur le sujet et, entre-temps, ne délivrera plus de nouvelle licence pour les exportations d'armes vers la Turquie.
Ces sanctions n’arrivent pas au meilleur moment pour la Turquie. La lire turque commence à se déprécier sous leur effet et cela rappelle de mauvais souvenirs aux Turcs qui ont vu leur monnaie s’écrouler l’année dernière, plongeant le pays dans une récession violente. L’économie turque s’est par la suite remise de cette débâcle. Depuis lors, la Banque centrale a réussi à concilier une croissance forte et une inflation sous contrôle, puisqu’au mois de septembre dernier, cette dernière a atteint son plus bas depuis presque trois ans. Attention toutefois, car au vu des faibles réserves de change dont la Banque centrale dispose en dollars, 80 milliards au total, il lui sera difficile de garantir également la bonne tenue de la monnaie et de faire face à une forte dépréciation de la lire turque si ce conflit s'éternise et que les partenaires de la Turquie durcissent le ton. Elle devra alors mobiliser son taux d’intérêt, en le remontant, et s’attirera alors les foudres de Recep Tayyip Erdogan, le Président turc, qui a limogé l’ancien Gouverneur de la Banque centrale turque pour avoir fortement remonté le taux d’intérêt durant la dernière crise de change.
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