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Macro-économie / Taux / pétrole / sanctions / Iran

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Trump revient à la charge sur l'Iran

En annonçant la fin des exemptions de sanctions pour tous les pays importateurs de pétrole iranien, le président américain a fait flamber le prix du Brent. La Chine, l'Inde et la Turquie sont parmi les plus gros importateurs du pays et ne seront plus exemptés.
Pétrole Iranien Iran
Pétrole Iranien Iran

Voilà qui pourrait faire remonter le niveau de l'inflation plus rapidement que ne l'anticipent les banquiers centraux du monde entier. Le président Donald Trump a annoncé hier soir que l'ensemble des États qui importaient du pétrole iranien et étaient jusqu'ici exemptés de sanctions ne bénéficieraient plus de l'immunité à partir du 2 mai prochain. Ce qui a immédiatement fait grimper les prix du pétrole : le Brent était en hausse de 3 % ce matin, autour de 74,4 dollars, soit un plus haut depuis novembre, et contre 71 dollars il y a moins d'une semaine.

Rappelons qu'il y a exactement un an, le président américain annonçait que son pays se retirait unilatéralement de l'accord sur le nucléaire iranien signé en juillet 2015. Un accord qui avait mis fin à près d'une décennie de tensions entre l'Iran et les pays occidentaux, et qui avait autorisé Téhéran à reprendre des activités civiles nucléaires, à certaines conditions très strictes.

Non content de sortir de cet accord, le président américain avait averti en avril 2018, qu'il rétablirait des sanctions à l'égard des États qui continueraient d'acheter du pétrole iranien, d'ici 90 à 180 jours. En novembre dernier finalement, il avait accordé à huit pays le droit de continuer à acheter du brut iranien pendant six mois, ce qui avait notamment entraîné une forte chute des prix du Brent (passé de 74 dollars en novembre, à 50 dollars en décembre 2018).

Sur les huit pays, l'Italie, la Grèce et Taïwan avaient déjà cessé par prudence d'acheter du pétrole de Téhéran. En revanche, la Chine, l'Inde et la Turquie, qui représentent les principaux acheteurs d'or noir du pays, n'avaient pas diminué leurs importations, espérant sans doute bénéficier d'un nouveau délai de la part des Américains. Peine perdue donc, puisque le président a finalement tenu son engagement de sanctionner tous les États importateurs. Ce que les stratégistes avaient pourtant annoncé au mois de novembre dernier, quand les prix du Brent s'effondraient : "L’administration américaine reste toujours aussi déterminée à réduire les exportations de l’Iran. Les exemptions sont temporaires et en contrepartie d’efforts déjà engagés pour réduire le montant des volumes importés", expliquait ainsi à l'époque Harry Tchilinguirian économiste chez BNP Paribas à Londres. Selon lui, la quasi pleine réduction des exportations iraniennes interviendrait simplement plus tard que prévu, au cours du second trimestre au lieu du premier trimestre 2019. Ce qui est exactement en train de se produire. Mais entre temps, la tentative de résolution du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine et la montée des tensions avec l'UE avaient presque fait oublier aux marchés cette épée de Damoclès au-dessus de l'or noir iranien.

La Chine et la Turquie ont d’ores et déjà annoncé qu'elles rejetaient les sanctions américaines et continueraient donc d'importer le pétrole iranien. Mais l'Inde, qui représente le second plus gros acheteur d’or noir iranien (28 % des exportations du pays) ne s'est pas prononcée. Si elle stoppait tout achat sur le marché pétrolier du pays, le Brent pourrait s'envoler. Sauf si l'Arabie saoudite décide d'accroître sa propre production pour compenser le ralentissement de celle de l'Iran. A priori, le royaume wahhabite serait prêt à intervenir pour éviter une flambée des cours de l'or noir, comme l'a déclaré hier le ministre saoudien de l'Energie Khaled al-Faleh. Mais il n'est pas sûr qu'ils parviendra à compenser totalement la fermeture du marché iranien. 

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