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Politique monétaire / Green bonds

Politique monétaire
Green bonds

La BCE soutient le marché des green bonds

Francfort a acquis pour près de 18 milliards d'euros d'obligations vertes émises par des entreprises et des agences supranationales, dans le cadre de son programme d'achats d'actifs. L'intervention de la BCE sur le marché des green bonds a permis de réduire les spreads de ce type de produits.
Draghi à Sintra en 2018
Draghi à Sintra en 2018

A la fin du mois de décembre, Francfort mettra fin à son programme d'achats de titres, entamé en mars 2015 dans le but de soutenir la hausse des prix et de ramener l'inflation vers l'objectif de 2 %. Dans le cadre de ce programme dénommé APP (asset purchase program), la BCE a acquis pour près de 2.600 milliards d'euros de titres d'Etat, pour un peu plus de 2.000 milliards de titres supranationaux et pour 174 milliards d'obligations corporate. Or parmi ces presque 4.775 milliards de titres achetés depuis trois ans et demi, la BCE a souhaité soutenir le marché des obligations vertes, en investissant une partie des montants dans ce type de titres. 

Dans un encadré publié dans son bulletin mensuel, Francfort dévoile ainsi pour la première fois le volume de green bonds acquis depuis 2015. "Malgré l'absence d'objectif environnemental précis défini dans l'APP, la BCE a acheté des obligations vertes à la fois via le CSPP (corporate sector purchase programme) et via le le PSPP (public sector purchase programme). Ce qui nous a permis de diversifier notre portefeuille", expliquent cinq économistes de la BCE et auteurs de la note. 

Le marché des obligations vertes s'est développé rapidement ces dernières années, rappelle Francfort, les émissions de ce type étant passées de moins d'un milliard d'euros en 2008, à 10 milliards en 2013 puis 120 milliards en 2017 au niveau mondial. Et les émissions d'obligations vertes libellées en euros ont de leur côté été multipliées par 10 depuis 2013, représentant désormais 24 % des émissions globales de green bonds. Mais, regrette la BCE, elles ne constituent encore qu'une très faible proportion du marché des obligations européennes, 1 % seulement selon leurs calculs. D'où la volonté de la BCE de faire sa part pour soutenir ce marché via son programme d'achats d'actifs. 

Les obligations vertes éligibles au programme d'achat de dette corporate représentent 31 milliards d'euros, précise la BCE, qui a acquis près de 20 % de ce montant depuis juin 2016. Soit autour de 6,1 milliards d'euros, principalement dans les secteurs à forte intensité carbone, tels que les infrastructures, les services, la construction où les transports. Ces secteurs sont d'importants émetteurs de green bonds, émis justement par les entreprises dans le but de trouver des technologies moins polluantes, et ainsi de réduire leur empreinte carbone. Du coup, ces quatre secteurs réunis sont sur représentés au sein du portefeuille d'obligations vertes d'entreprises détenues par la BCE, précise le document.

L'intervention de la BCE sur le marché des green bonds a permis de réduire de 25 points de base l'écart de taux entre les obligations vertes et les obligations corporate dans leur ensemble, précise Francfort. Notamment parce que le programme d'achats d'actifs lancé par la BCE a incité les entreprises à accroître leurs émissions : celles de green bonds ont ainsi grimpé, passant de 4 % du montant total de dettes émises par les entreprises en mars 2016, à 9 % de l'univers des obligations corporate, fin septembre 2018. 

La BCE a également acquis des obligations vertes émises par les gouvernements ou les institutions supranationales, telles que la Banque européenne d'investissement ou des agences d'Etat. 48 milliards d'euros de green bonds émis par ce type d'agences étaient éligibles aux achats de la BCE, qui en a acquis pour 24 %, soit pour 11,5 milliards d'euros. La BCE via les banques centrales nationales de l'Eurosystème a donc acheté pour près de 18 milliards de green bonds en trois ans et demi, et ainsi permis de réduire le rendement de ce type de titres et d'encourager les entreprises et les agences à en émettre, conclut le document. 

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