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Green bonds / fmi
Il reste tant à faire pour les green bonds
Selon un récent rapport du Fonds monétaire international (FMI), les principes ESG - environnement, social et gouvernance - prennent une importance croissante au sein du système financier. Sur la base des informations fournies par Bloomberg Finance et JPMorgan Chase & Co, l'institution de Washington estime que le nombre de fonds actions ayant un mandat ESG est passé d'environ 300 en 2004 à plus de 1.500 cette année. Les fonds à revenu fixe clairement axés sur l'ESG ont évolué plus lentement, avec moins de 100 fonds en 2004 et près de 400 fonds en 2018. Au total, les fonds ESG contrôlent maintenant quelque 850 milliards de dollars d'actifs - en septembre 2019. Si cela représente plus du double par rapport à 2010 où les mandats de fonds ESG représentaient quelque 400 milliards de dollars, le FMI rappelle toutefois qu'ils représentent moins de 2 % de l'univers total des fonds de placement.
Au sein de ces fonds ESG, les actions se taillent la part du lion puisque elles représentent près des deux tiers des actifs de ces fonds - 561 milliards de dollars - quand les titres à revenu fixe n'en représentent que 16%. Au sein des titres à revenu fixes, une catégorie suscite, pour des raisons évidentes, un intérêt certain ; ce sont les green bonds. Le produit de ces obligations spécifiques labellisées "vertes", a pour objectif de financer des projets nouveaux et existants présentant des bénéfices sur le plan environnemental. Concrètement, les émissions d'obligations vertes représentent 145 milliards de dollars, soit 80% des émissions ayant lieu au sein du marché mondial des obligations durables - 84% en 2018 et 80% depuis le début de l'année jusqu'au mois de septembre.
Géographiquement, c'est l'Europe qui remporte la palme, puisque l'année dernière, elle représentait 40% des émissions d'obligations vertes - 67 milliards de dollars. L'Asie Pacifique suit juste derrière avec 34% - grâce à la Chine. Si en 2012, 100% de ces émissions étaient notées AAA ou AA par les agences de notations, elle ne sont plus que 40% aujourd'hui - sur la période allant de janvier 2019 à septembre 2019. Ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle, cela prouve essentiellement que l'offre obligataire s'est fortement diversifiée au fur et à mesure que le marché s'imprègne et digère cette nouvelle catégorie d'actifs. Aussi, depuis le début de l'année, 5% des obligations émises étaient notées "high yield" - obligations risquées à haut rendement.
Au final, malgré leurs objectifs louables, le marché des green bonds, représente, à la fin de l'année 2018, seulement 0,4% de l'encours mondial d'obligations - soit 464 milliards de dollars - selon la Climate Bonds Initiative. Il leur reste donc un important chemin à parcourir avant de pouvoir s'asseoir à la même table que celle des actifs plus conventionnels.
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