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Nouvelle victoire pour Paris dans la course au Brexit
Alors que Bank of America pourrait délocaliser plus de 200 de ses employés à Paris dans le cadre du Brexit, après avoir annoncé le transfert de trois de ses cadres dirigeants de marché dans la capitale française l'été dernier, la banque Citigroup serait elle aussi en train de préparer un déménagement plus important que prévu de ses équipes à Paris. En juillet dernier déjà, des informations avaient circulé sur le sujet, après que la banque avait débauché Grégoire Haemmerlé, responsable des relations avec de grands groupes français pour UBS et ex-pilier de JPMorgan en France, afin de diriger sa banque d'affaires et d'investissement dans l'Hexagone.
Selon des informations parues ce matin dans le Financial Times, la banque américaine est à la recherche d'un bureau plus grand à Paris après avoir augmenté le nombre d'emplois commerciaux qu'elle prévoit de délocaliser dans la ville. Une décision de Citi motivée par le fait que de nombreux membres du personnel auraient fait pression en faveur d'un déménagement dans la capitale française plutôt qu'à Francfort, ont déclaré des personnes au fait des délibérations. La banque serait même susceptible de transférer moins d'emplois vers la ville allemande, qu'elle a pourtant choisie comme principale plaque tournante commerciale pour l'Europe à la suite du départ prévu du Royaume-Uni de l'UE.
La banque américaine avait prévu d'ajouter jusqu'à 150 postes à Francfort et jusqu'à 100 autres entre Paris, Milan, Madrid, Dublin et Amsterdam. Mais cette répartition initialement prévue est visiblement en train d'évoluer. Selon une personne proche du dossier, les employés de la banque potentiellement concernés par un transfert ont pour la plupart affirmé préférer Paris à Francfort en raison de la culture, des écoles et de la proximité de Londres.
Citi compte actuellement 170 personnes dans ses bureaux de la rue Balzac, à quelques pas de l'Arc de Triomphe. Or il n'y avait plus de place sur le site après avoir embauché plus de personnel, selon l'un des membres du bureau parisien cité par le FT. La banque aurait donc dû déménager dans un nouveau bâtiment même sans le Brexit.
Cette décision est un coup dur pour Francfort, qui espérait se tailler la part du lion en termes d'emplois et de capitaux grâce au Brexit. Au départ, la plupart des banques de Wall Street avaient opté pour Francfort ou Dublin afin de créer les nouvelles entités juridiques nécessaires à la poursuite de leurs activités commerciales et de conseil aux clients de l'UE. Mais Paris est finalement en train de remporter la course, notamment pour les activités de trading des établissements basés à Londres. Outre Bank of America et Citi, JPMorgan Chase, Morgan Stanley, HSBC et le gestionnaire d'actifs BlackRock s'apprêtent à se développer dans la capitale française.
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