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Régulation / Concurrence / Microsoft / Data / tech / rgpd

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Microsoft a violé des millions de données

La multinationale aurait collecté des millions de phrases Word et contenus d’e-mails sur Outlook. C’est ce que révèle une enquête de l’ONG britannique Privacy Company.
Microsoft - informatique
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Microsoft Office - qui inclut Word, Excel, Powerpoint, Outlook, etc. - a enfreint les règles européennes du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) aux Pays-Bas. C’est ce que révèle le quotidien britannique Telegraph, selon qui le géant de la tech a collecté à grande échelle des informations à caractère personnel issues d’e-mails privés et du logiciel de traitement de texte Word.

Le rapport des régulateurs néerlandais (uniquement disponible en leur langue) indique que Microsoft a extrait du contenu clé des lignes d’objet de courriers électroniques et des courriers eux-mêmes, ainsi que des phrases entières écrites sur Word. Il les a ensuite fait envoyer hors de l’Europe, aux États-Unis, là où les lois européennes ne s’appliquent plus. Et il aurait fait rapatrier les précieuses informations de sa clientèle plus tôt cette année, après que le RGPD applique des normes bien plus strictes aux entreprises du numérique.

Privacy Company, qui a mené l'enquête et dont les résultats ont été remis au ministère néerlandais de la Justice, a déclaré que Microsoft s'était engagé dans "un traitement à grande échelle et secret des données". L’entreprise s’est justifiée en arguant que ces collectes étaient nécessaires à la sécurité de ses systèmes. Mais en vertu du RGPD, entré en vigueur le 25 mai 2018, les entreprises peuvent être condamnées à une amende dès lors qu’elles ont collecté des données à caractère personnel sans le consentement des utilisateurs. À la suite de la publication du rapport, le gouvernement néerlandais s'est déclaré particulièrement préoccupé par le fait que Microsoft avait collecté ces données, y compris celle de 300.000 fonctionnaires utilisant des produits Microsoft.

Un porte-parole de l’un des quatre GAFA a déclaré : “Nous sommes attachés au respect de la vie privée de nos clients [...] et nous sommes ravis de pouvoir discuter de nos pratiques de traitement des données de diagnostic avec le ministère néerlandais de la Justice et nous attendons avec intérêt la résolution de tout problème.” Car les régulateurs ont été plutôt cléments, laissant le temps à Microsoft de progresser dans le traitement de ses données au risque de mesures d’exécution. La multinationale de l’informatique s’est engagée à soumettre ses progrès aux vérifications des Pays-Bas autour d’avril 2019.

Interviewé justement sur ces questions des législations encadrant les entreprises tech, le directeur d’Apple, Tim Cook, a dit préférer “le libre marché”. Mais lorsqu’il s’agit de protection des données, il s’est dit moins libéral : “Il faut admettre que le marché libre ne fonctionne pas.” Des commentaires qui visent principalement Google et Facebook, deux autres GAFA qui tirent la majeure partie de leur argent de la publicité basée sur les données des utilisateurs.

Mais il faut dire que cela n’empêche pas la firme à la pomme de faire figurer ces deux applications sur l’AppStore, ni de se faire verser des milliards de dollars chaque année par Google, pour que le moteur de recherche s’affiche par défaut sur Safari - le navigateur web développé par Apple. Sur ce sujet, Tim Cook s’est défendu : “Je pense que Google est le meilleur moteur de recherche”, ajoutant qu’il protège la vie privée des utilisateurs s’ils le souhaitent grâce à “l’ouverture de pages en navigation privée”. “Ce n’est pas une chose parfaite, mais cela aide beaucoup”.

Quant à Facebook, son fondateur Mark Zuckerberg, a décidé de devancer les régulateurs en créant “une cour d’appel indépendante”. Cette fois-ci, cela ne concerne pas la collecte de données à caractère personnel, mais les contenus sujets à controverse présents sur le réseau social, qui peuvent notamment choquer un public sensible. “Ces questions sur ce que nous souhaitons voir sur Internet comptent parmi les problèmes les plus importants auxquels notre société est confrontée aujourd'hui”, a-t-il déclaré lors d’un long post sur le sujet sur son propre réseau. L’intelligence artificielle est au cœur du dispositif interne de l’instance qui devrait voir le jour en 2019. Parmi les sujets phares, le terrorisme, l’automutilation, la nudité, et la désinformation. Un post publié au lendemain des accusations du New York Times sur la part de responsabilité du GAFA dans de nombreuses affaires sensibles. “Les dirigeants du réseau social ont cherché à dissimuler les signes avant-coureurs du pouvoir de Facebook pour dissimuler une propagande virale et inspirer des campagnes de haine meurtrière dans le monde”.

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