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Private Equity / L'Occitane / Advent

Private Equity
L'Occitane / Advent

L’Occitane courtisé par le private equity ?

La marque de cosmétiques, cotée à Hong Kong depuis 2010, aurait suscité l’intérêt de plusieurs fonds de private equity, et pourrait valoir 3,5 milliards de dollars. Après un parcours boursier décevant, le groupe aurait ainsi les moyens de financer son développement, pourvu que le levier ne soit pas trop élevé.
L'Occitane
L'Occitane

L’IPO de l’Occitane en 2010 avait à l’époque fait beaucoup de bruit. C’était la première fois qu’un groupe français décidait d’aller se coter sur le continent, à Hong Kong, un an avant l’Italien Prada. Mais huit ans plus tard, le tableau est mitigé tout au mieux, ce qui pourrait inciter le groupe français de cosmétiques à céder aux sirènes du private equity. C’est ce qu’a révélé le Financial Times, qui évoque plusieurs candidats possibles dont Advent International, mais ce dernier a officiellement démenti cette information. En tout état de cause, d'autres fonds pourraient aussi sortir du bois comme CVC, qui avait recruté un ancien responsable de L’Occitane pour mener les enchères sur la vente de The Body Shop par L’Oréal l’an passé, mais a finalement perdu face au Brésilien Natura Cosmetico, pour 1 milliard d’euros.

Nul ne sait encore si un mandat de vente a été décidé par la société. Créée en 1976 par Olivier Baussan, qui commercialisait des huiles essentielles sur les marchés en Provence avant d’ouvrir un premier magasin à Manosque, L’Occitane s’est ensuite développé. Et l’homme d’affaires autrichien Reinold Geiger a investi pour devenir majoritaire dans le groupe en 1994, dont il est depuis resté chairman et CEO. Après avoir essaimé dans plusieurs pays et racheté d’autres marques comme Melvita, le groupe lance son IPO à Hong Kong en 2010, au moment où la zone euro sombre dans la crise grecque. L’objectif est de miser sur l’appétit de la demande asiatique, où il dégage déjà près de la moitié de ses revenus. Et le succès est au rendez-vous puisque le groupe lève plus de 700 millions de dollars.

Mais depuis, son parcours a été assez médiocre puisque le titre est aujourd’hui quasiment revenu à son niveau d’introduction, soit une capitalisation boursière de 2,7 milliards de dollars. Si bien que même en offrant une prime de 30 % sur un cours de Bourse chahuté par ses derniers résultats trimestriels, les fonds pourraient lui proposer un chèque de 3,5 milliards de dollars, soit 14 fois l’Ebitda du groupe, un multiple raisonnable au regard de ses comparables dans le secteur. Mais comme le rappelle Breakingviews, un effet de levier à 40 % signifierait que la dette se monterait à 6 fois l’Ebitda, un niveau tendu et la limite fixée par le régulateur américain pour les prêts à effet de levier.

Si le prochain actionnaire s’avère être un fonds de private equity, il devra donc multiplier les initiatives pour relancer des ventes poussives – elles ont augmenté de 4,9 % sur six mois à fin septembre – et surtout optimiser la rentabilité en berne, avec un Ebitda en chute de 57 % et un profit net en baisse de 48 % sur cette période, en raison d’investissements coûteux de marketing et publicité. En cas de LBO, il faudra donc toute l’orthodoxie budgétaire du private equity pour comprimer les coûts et éviter à tout prix de briser les covenants, tout en finançant la course à la croissance internationale. Rassurons-nous, c'est là leur spécialité.

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