WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Evenements / Activiste

Evenements
Activiste

L’activisme, plus impliqué et bienveillant en 2018

Le nombre de sociétés cibles d’investisseurs activistes a grimpé de 12 % cette année, selon Activist Insight, Elliott remportant une fois de plus la palme. Surtout, les acteurs sont de plus en plus présents aux boards et changent leur ton, signe de maturation de cette industrie.
Paul Singer
Paul Singer

L’activisme est devenu plus que jamais un phénomène mondial en 2018, comme en attestent les dernières données publiées par Activist Insight. Le nombre de sociétés de plus de 500 millions de dollars de capitalisation boursière, qui ont été cibles de ces actionnaires remuants dans le monde, a ainsi grimpé de 12 % à 284 groupes. Ce chiffre a en particulier été porté par le marché asiatique en hausse de 62 % sur l’année, avec 47 cibles, et bien sûr aussi les États-Unis, qui représentent près de 50 % du marché avec 136 campagnes. Les statistiques sont stables pour l’Europe, où 54 corporates ont été concernés cette année, comme en 2017. Sur le plan sectoriel, les financières ont été l’industrie de prédilection pour les activistes (65 campagnes), devant les services (45), mais ce sont les matériaux de base (39) et les biens de consommation (38) qui ont connu les plus fortes progressions cette année.

La palme de l’activisme revient encore une fois à Elliott Management, qui a mené pas moins de 24 campagnes sur cet exercice, dont le bras de fer bien connu avec Vivendi sur Telecom Italia, ou encore tout récemment son entrée chez Pernod Ricard. Les suivants sont loin derrière, avec Carl Icahn et Starboard value de Jeff Smith, avec chacun 9 dossiers en 2018. Ils succèdent ainsi à Amber, numéro deux l’an passé mais qui reste bien présent puisqu’il a franchi il y a quelques jours les 5 % du capital de Lagardère, même s’il ne s’est pas encore exprimé publiquement sur le sujet.

Les activistes sont également de plus en plus impliqués dans les sociétés, et n’hésitent pas à solliciter des sièges d’administrateur pour proposer les changements stratégiques de l’intérieur. Toujours selon Activist Insight, ces acteurs ont obtenu 194 places aux boards de leurs cibles l’an passé, un chiffre en hausse de plus de 40 % sur l’année ! Et dans les deux tiers des cas, la question a été résolue par un accord entre les deux parties, plutôt que d’avoir recours à un vote de proxy coûteux et à l’issue incertaine.

On le voit, les activistes sont de plus en plus enclins aux négociations et compromis avec leurs cibles, mais aussi mûrissent leurs stratégies. Les premières campagnes atypiques, qui n’étaient pas centrées sur des cessions d’actifs et optimisations de la distribution, ont fait leur apparition : ainsi, ValueAct a lancé un fonds de 100 millions de dollars axé sur les stratégies ESG (Environnement, Social, Gouvernance) début 2018 et investi par exemple dans Unifi, une société qui fabrique des textiles de nylon et polyester à partir de plastique recyclé. En parallèle, Jana Partners s’est allié au fonds de pension californien pour faire pression sur Apple afin de réglementer l’usage des écrans par les enfants.

Un sujet qui devrait continuer à rester brûlant en 2019, en particulier dans un contexte de correction des marchés boursiers où les sociétés cotées sont plus que jamais à la merci d’actionnaires mécontents, en particulier face à la montée en puissance de la gestion passive. "L’activisme a changé de deux façons majeures : la convergence des gérants actifs se comportant de façon plus agressive et les activistes qui sont peut-être plus bienveillants", juge Steven Barg, responsable mondial de la défense de l’activisme chez Goldman Sachs. De quoi occuper plus que jamais les précieux conseils sur ces sujets pointus de gouvernance et communication.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article