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Politique économique / JEFTA / Japon / Union européenne

Politique économique
JEFTA / Japon / Union européenne

Accord commercial Japon/EU : un pied de nez au protectionnisme américain ?

Le JEFTA, qui entre en vigueur aujourd'hui, représente l'entente commerciale la plus ambitieuse au monde, puisqu'elle concernera 365 millions de consommateurs et un tiers du PIB mondial. Face au protectionnisme américain, l'UE affirme son attachement au libre-échange.
Emmanuel Macron - Shinzo Abe - France - Japon
Emmanuel Macron - Shinzo Abe - France - Japon

Hasard de calendrier : alors qu'une délégation chinoise est en visite à Washington depuis hier pour tenter de trouver un accord commercial avec les États-Unis, après des mois de guerre douanière, le JEFTA (Japan-EU Free Trade Agreement) entrait en vigueur. Cet accord "le plus important jamais négocié", selon Cecilia Malmström, la commissaire européenne en charge du Commerce à Bruxelles, vise à créer la plus grande zone de libre-échange au monde, les économies des deux blocs représentant 365 millions de consommateurs et près de 30 % de la production mondiale. À terme, il devrait supprimer la quasi-totalité des droits de douane sur les marchandises échangées entre les deux pays, et représenter environ un milliard d'économies pour l'UE.

Parmi les points phares de ce nouvel accord, l'ouverture des marchés publics dans 54 grandes villes japonaises, y compris dans le ferroviaire, la convergence des standards en matière automobile, la reconnaissance de 205 identifications géographiques (IG) d’origine européenne ou encore le démantèlement tarifaire dans l’agriculture, incluant le vin. Le Japon lui, espère notamment que ce JEFTA boostera son industrie automobile, qui devait jusqu'à présent s'acquitter de frais douaniers de 10 % à l'entrée de l'UE. Ceux-ci seront entièrement levés d'ici sept ans. Le pays a également obtenu la levée des droits de douane pour l'agriculture et la pêche étalée sur dix ans.

La France aussi devrait bénéficier de cet accord, malgré les tensions entre les deux pays créées par l'éviction de l'ancien patron de l'Alliance Renault Nissan, Carlos Ghosn. Le JEFTA sera ainsi l'occasion pour l'Hexagone de réduire son important déficit commercial bilatéral, qui représentait sur onze mois à la fin novembre 3,3 milliards d'euros. Le Japon est par ailleurs le douzième partenaire commercial de la France, avec un montant de 6 milliards d'euros de produits exportés de janvier à fin novembre dernier, une coquette somme pour l'Hexagone, au moment où ses autres grands partenaires commerciaux, Allemagne ou États-Unis s'essoufflent ou se replient. Quels sont les principaux secteurs français exportateurs vers le Japon et qui devraient le plus profiter du JEFTA ? La pharmaceutique (10 % des exportations), l'aviation et le spatial (9 %) et la machinerie (8 %).

Surtout, d'un point de vue symbolique, l'accord intervient au moment où la France a pris la présidence du G7 et le Japon celle du G20. Ce qui devrait permettre aux deux pays de faire entendre leur voix sur la scène internationale, et de défendre notamment leur attachement au libre-échange, face au regain de protectionnisme américain… et britannique. Rappelons que la Grande-Bretagne, qui doit normalement sortir de l'UE le 30 mars, fait partie de l'accord JEFTA signé en juillet dernier. Si aucun compromis n'est trouvé d'ici deux mois, elle perdrait du même coup tous les avantages commerciaux négociés avec le Japon (ainsi qu'avec tous les autres partenaires de l'UE, avec lesquels des accords existent). Un facteur qui pourrait naturellement inciter les Britanniques à tout faire pour s'entendre avec Bruxelles d'ici le 29 mars.

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