Publications, Résultats / Pernod-Ricard / Elliott Management / Alain Minc
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Pernod-Ricard / Elliott Management / Alain Minc
Pernod-Ricard en avance sur tous ses objectifs
Lorsqu’Alexandre Ricard a pris les commandes du groupe créé par son grand-père en 2015, la croissance était quasiment étale. Un fonds activiste aurait pu profiter de l’occasion pour venir secouer ce qu’il aurait considéré comme une "belle endormie". Mais le jeune patron a tellement secoué ses équipes à la fois sur le plan des réseaux de ventes, que sur celui de l’efficacité opérationnelle, donc des économies, qu’il affiche ce matin les meilleurs résultats semestriels que Pernod-Ricard n'ait jamais publiés en l’espace de dix ans.
Le chiffre d’affaires des six premiers mois de l’exercice fiscal enregistre une croissance organique de 7,8 %. Quant au profit opérationnel, il bondit de près de 13 %. Avec des résultats commerciaux impressionnants, puisqu’en Chine les ventes progressent de 28 %. En Inde, elles augmentent de 24 %. Et aux États-Unis, c’est du même acabit avec un score de + 44 % pour Martell. Et ce Pernod-Ricard-là n’est pas le même que celui d’il y a dix ans. Car quoiqu’en pensent Elliott et son conseil Alain Minc, le groupe n’arrête de faire de l’innovation en mettant sur le marché de nouveaux produits. Cette innovation apporte à elle seule deux points de croissance.
Du côté de l’efficacité opérationnelle, Pernod-Ricard va là encore plus vite que la musique, car son dernier plan d’économies qui portait sur 200 millions d’euros va être atteint avec plusieurs mois d’avance. Ce qui permet au groupe d’en relancer un portant sur 100 millions d’euros à l’échéance 2021. Si ce dernier plan obtient le succès espéré, cela voudra dire qu’en l’espace de cinq ans, Pernod-Ricard aura dégagé 450 millions d’euros d’économies, sans que cela affecte sa croissance.
Tout cela permet donc à Alexandre Ricard de relever son objectif de croissance en passant d’une fourchette de 5 à 7 % à une fourchette de 6 à 8 %. Et surtout de se fixer trois objectifs d’ici 2021 : une croissance annuelle moyenne des ventes comprise entre 4 et 7 %. De nouvelles économies à hauteur de 100 millions d’euros, et un effet de levier sur la marge opérationnelle qui atteindra 29 % en 2021. Ce qui permettra un taux de redistribution aux actionnaires de 50 %.
On comprend aisément qu’avec de tels objectifs rendus crédibles par les résultats déjà obtenus, le fonds activiste le plus coriace du monde n’arriverait pas à obtenir mieux. Elliott, qui a misé près d’un milliard d’euros et n’a pas réussi à convaincre LVMH ni Diageo de le soutenir, ferait donc mieux de prendre vite sa plus-value, qui doit s’élever à près de 100 millions d’euros. Cela lui permettra d’éponger en partie ses lourdes pertes en Italie. Et d’éviter de se ridiculiser dans une bataille perdue d’avance.
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