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Elliott Management / Telecom Italia

Le plan secret d’Elliott pour casser en morceaux Telecom Italia

Si Amos Genish a été révoqué cette semaine, alors que dimanche dernier, Elliott démentait toute intention de se séparer de lui, c’est parce qu’il était attaché à l’intégrité du groupe. Alors que le fonds vautour souhaite le dépecer.
Telecom Italia
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Amos Genish qui est un grand professionnel des télécoms, comme il l’a montré avec succès au Brésil, a été révoqué cette semaine par le fonds vautour Elliott qui contrôle directement ou indirectement le conseil d’administration de Telecom Italia. Officiellement on lui reproche la perte du dernier trimestre. Ce qui est une farce, puisque les fondamentaux étaient en amélioration et que cette perte est le fait d’une provision sans justification précise de 2 milliards d’euros. La vraie raison de cette décapitation est liée au fait qu’Amos Genish a toujours fait preuve de scepticisme à l’égard du plan secret d’Elliott qui vise à découper le groupe Telecom Italia en deux.

Le seul et unique argument d’Elliott pour mener campagne - avec l’aide des avocats de Silvio Berlusconi - contre Telecom Italia et contre Vivendi, réside dans sa volonté de scinder le groupe en deux en découpant l’activité réseaux. Ce qui est une aberration industrielle. Preuve en est qu’aucun grand opérateur européen ne s’est séparé de son réseau. Puisque c’est le nœud gordien de la création de valeur dans les télécoms.

Du côté d’Elliott on explique évidemment le contraire en affirmant que la capitalisation boursière de Telecom Italia qui évolue autour de 10,5 milliards d’euros pourrait être bien supérieure en cas de scission avec d’un côté, une société dédiée au réseau et de l’autre, une société dédiée aux services. Selon les hypothèses d’Elliott, une fois réorganisée, cette dernière afficherait un résultat opérationnel de 4,2 milliards d’euros, qui bénéficierait d’une capitalisation théorique de 21 milliards d’euros avec un multiple de 5. En supposant que sur les 25 milliards de dette totale de Telecom Italia, 12 milliards d’euros pèsent sur la société de services, on obtiendrait une capitalisation boursière réelle de l’ordre de 9 milliards.

De l’autre côté, la société dédiée au réseau pourrait avoir, aux yeux d’Elliott, une valeur d’entreprise comprise entre 16 et 25 milliards de dollars, dont il faut déduire un endettement net résiduel de 13 milliards. D’où in fine une capitalisation comprise entre 3 et 12 milliards. L’importance de la fourchette témoigne du caractère plus qu’aléatoire des plans cachés d’Elliott. Mais ce que le fonds explique par voie de lobbying, d’avocats, de presse et de menaces, c’est que la somme des capitalisations des deux nouvelles sociétés serait supérieure à la capitalisation actuelle.

C’est peut-être le cas sur un papier. Mais la réalité est différente d’une feuille blanche. Telecom Italia a aujourd'hui une dette importante qui ne pose pas de problème tant que le groupe est propriétaire de sa valeur industrielle, c’est-à-dire le réseau. Ôter à Telecom Italia son réseau, c’est lui retirer sa valeur intrinsèque. Car de l’autre côté la société de services sera exposée à une très forte concurrence qui fera chuter sa capitalisation boursière théorique calculée par Elliott.

Le choix du successeur d’Amos Genish donnera le ton de la faisabilité ou pas de ce plan de destruction de Telecom Italia. On le connaîtra dimanche. À la façon italienne. C’est-à-dire que le comité des nominations va proposer un ou deux candidats. Et le conseil d’administration pourra ne tenir aucun compte de ces préconisations… C’est dire si dans ce far-west de la gouvernance italienne, il y a de la place pour les pires turpitudes.

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