Publications, Résultats / Kering / Gucci
Publications, Résultats
Kering / Gucci
Kering explose les compteurs
Les résultats de LVMH avaient déjà constitué un festival avec ce chiffre magique d’un résultat opérationnel de 10 milliards d’euros. Le chiffre indicatif des ventes d’Hermès a rassuré la communauté financière par la bonne tenue du niveau d’activité en Chine, malgré le ralentissement de l’économie dans l’Empire du Milieu. Il restait à décrypter les comptes de Kering qui dépassent toutes les attentes des analystes les plus optimistes. Ce qui se traduit par une envolée du titre en Bourse.
Des trois groupes de luxe français, c’est celui qui a connu le plus fort taux de croissance du chiffre d’affaires avec + 29,4 % à données comparables. Ce qui est colossal. Mais qui s’explique en très grande partie par la très bonne santé de Gucci dont les ventes ont augmenté de 37 %. Or la marque florentine représente à elle seule 63 % du chiffre d’affaires de Kering. C’est donc une très belle locomotive, tant pour le chiffre d’affaires que pour le résultat. Mais, il ne faut pas qu’elle ralentisse au risque de peser sur les performances d’un groupe bien moins diversifié, en termes de marques, que LVMH ou Richemont. À noter l’incroyable progression des ventes de Gucci en Asie Pacifique (+45 %) et en Amérique du Nord (+43,6 %) qui laissent à penser que la marque en a encore "sous le pied".
En termes de rentabilité, les chiffres sont encore plus éloquents pour l’ensemble du groupe, comme pour ses deux principales marques, Gucci et Yves Saint-Laurent. Le résultat opérationnel de la première a progressé de 54,2 %. Ce qui correspond à une marge opérationnelle de 39,5 %, supérieure de 5 points à celle d’Hermès. Quant à YSL, sa marge opérationnelle s’est établie à 26 % avec une hausse de 22 % du résultat opérationnel. Mais là encore, c’est Gucci qui joue le rôle de locomotive, puisque son résultat représente 83 % de celui de Kering. In fine le résultat net part du groupe progresse de 108 % si l’on tient compte de la plus-value de cession liée à Puma. Mais le résultat net "pur" progresse de 49,3 % 2,8 milliards d’euros. À noter que le groupe a généré l’an passé un cash-flow libre de près de 3 milliards (contre 5,3 milliards pour LVMH) qui lui donne les moyens de poursuivre sa croissance.
Les dirigeants du groupe restent flous quant aux perspectives pour 2019 même s’ils sont très confiants sur la capacité de croissance de Gucci ou de Balenciaga. La seule chose qui manque à Kering, c’est une ou plusieurs belles opportunités de croissance externe afin d’être moins dépendant de Gucci à long terme. Mais les belles marques à racheter sont de plus en plus rares et donc de plus en plus chères.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

