Bernie Sanders, le vétéran socialiste qui a fait des émules
Pour sa seconde candidature à l’élection présidentielle américaine, Bernie Sanders a montré ses ambitions, mais n’a pas mâché ses mots envers l’actuel locataire de la Maison Blanche. Dans un e-mail adressé à ses soutiens, il s’est fondé sur le mouvement populaire qui a conduit à sa performance lors de la primaire de 2016, face à Hillary Clinton, et a appelé à "transformer notre pays et créer un gouvernement basé sur les principes de la justice économique, sociale, raciale et environnementale". Et il n’a pas eu peur d’attaquer frontalement Donald Trump qu’il a traité de "menteur pathologique, fraude, raciste, sexiste, xénophobe et quelqu’un qui discrédite la démocratie américaine alors qu’il nous dirige vers une direction autoritaire".
À 77 ans, le sénateur indépendant du Vermont a toujours adopté un discours très engagé à la gauche du parti démocrate, qui plaide pour un "Medicare for all", soit une couverture sociale généralisée, un salaire minimum fédéral à 15 dollars de l’heure ou encore la gratuité de l’université. Il a par exemple fait pression sur Amazon pour que le géant de l’e-commerce relève son salaire minimum et s’est félicité de cette décision à l’automne dernier, appelant les grands corporates américains à faire de même.
En 2016, il décide de se lancer dans la primaire démocrate alors qu’il est encore largement inconnu au niveau national. Mais à la surprise générale, il arrive à générer un mouvement populaire en sa faveur et collecte un montant record de 230 millions de dollars de la part de 2,5 millions d’Américains, et remporte 22 États, avant de devoir concéder la victoire à Hillary Clinton. Mais cette année, le paysage politique est bien différent : Bernie Sanders est déjà le sixième sénateur à se lancer dans la course en vue de 2020, et même le douzième candidat à briguer la Maison Blanche !
Les candidatures démocrates se sont en particulier multipliées ces dernières semaines et sur des messages proches de celui de Bernie Sanders, ce qui ne va pas simplifier sa tâche. La sénatrice du Massachussets Elizabeth Warren, qui s’est aussi opposée aux rémunérations de Wall Street, s’est lancée fin décembre et a annoncé un projet de loi visant à taxer les patrimoines supérieurs à 50 millions de dollars. Par ailleurs, d’autres nouvelles - et plus jeunes - têtes sont sorties du bois. Ainsi, la sénatrice de Californie Kamala Harris a officialisé sa candidature le mois dernier, et compte miser sur ses origines indiennes et son profil d’"Obama girl", tandis que la sénatrice de New York Kirsten Gillibrand s’est positionnée sur un créneau très féministe.
Sans compter les potentiels autres candidats, qui ne se sont pas encore déclarés. On pense bien sûr à Joe Biden, l’ex vice-Président de Barack Obama qui a offert un discours offensif lors de la conférence de Munich avec les partenaires européens, et est largement soutenu par les plus riches donateurs démocrates. Ou encore Beto O’Rourke du Texas, qui est une voix privilégiée par les jeunes électeurs. Beaucoup de concurrence pour Bernie Sanders qui a plaidé pour "ne pas choisir un candidat en fonction de sa couleur de peau, son orientation sexuelle, son genre ou son âge". Une chose est sûre : alors que l’homme avait pâti de son faible score auprès des noirs américains en 2016, les recherches vont bon train pour constituer une équipe de campagne aussi diverse que possible.
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