Taux - Dette Souveraine / Bund / Conjoncture
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Bund / Conjoncture
Le dix ans allemand s'effondre sur fond de mauvaises nouvelles pour la zone euro
Les nouvelles sur le front européen ne sont décidément pas très bonnes tant d'un point de vue politique qu'économique. Non seulement la Grande-Bretagne n'a désormais plus qu'une semaine pour éviter un hard Brexit le 12 avril et la classe politique traditionnelle du Vieux Continent redoute une montée du populisme lors des élections européennes. Mais en plus, les indicateurs avancés publiés depuis le mois de janvier sont loin de signaler le rebond tant attendu après le coup de froid de fin d'année dernière. Ce qui explique d'ailleurs la prudence de Mario Draghi lors de sa dernière conférence de politique monétaire.
Ce matin, l'institut IHS Markit a ainsi publié un indicateur PMI de mauvaise facture pour la zone euro, qui a désormais largement franchi à la baisse le seuil des 50, démarquant les épisodes d'expansion de ceux de contraction. Au mois de mars l'indice a atteint 47,6 contre 49,3 en février, ce qui représente un plus bas niveau depuis six ans. Un recul principalement dû à la forte baisse des nouvelles commandes, suggérant que "les entreprises ne produisent désormais plus en flux tendu", explique Fabio Balboni, senior economist chez HSBC. Si l'indice français est passé sous les 50, à 48,7, effaçant les améliorations réalisées l'an dernier, en raison d'une chute des exportations et des nouvelles commandes, les résultats de l'enquête en Allemagne sont encore plus inquiétants.
L'indice manufacturier du pays a ainsi atteint un niveau de 44,7 contre 47,6 en février. Ce qui représente un plus bas depuis août 2012 pour l'Allemagne. Certes, les entreprises interrogées lors de l'enquête ont cité le ralentissement du secteur automobile pour justifier la révision à la baisse de leurs anticipations de vente et de carnets d'ordre. Or l'industrie devrait finir par se reprendre, quand elle aura totalement encaissé le passage aux nouvelles normes d'émission des véhicules. Mais le ralentissement du commerce mondial a clairement contribué à ces mauvais résultats du mois de mars. Et de ce point de vue là, rien ne dit que la situation s'améliorera.
En zone euro, "le secteur des services a tout de même mieux performé que les autres et les créations d'emploi demeurent solides", tempère Fabio Balboni, d'HSBC. "Mais vu la faiblesse du secteur manufacturier, qui représente tout de même 20 % du PIB global de la région il n'est pas certain que la demande intérieure et la consommation seront suffisantes pour que la croissance soit supérieure aux 0,2 % atteints sur chacun des derniers trimestres de l'an dernier", poursuit l'économiste.
Ces mauvaises nouvelles ont contribué à faire plonger le rendement du Bund à dix ans ce matin, qui pour la première fois en deux ans et demi est repassé en territoire négatif. En début d'après-midi, le taux des obligations du pays à échéance mars 2029 se traitait à -0,006 %, selon le site investing.com. Depuis le début de la semaine, le taux allemand a donc baissé de 10 points de base, à la fois en raison des statistiques dévoilées ce matin et du discours prudent de la Fed, qui a fait reculer l'ensemble des taux souverains.
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