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Politique économique / Banque de France / Conjoncture / croissance

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Villeroy de Galhau confiant dans la reprise de l'Hexagone

Comme en janvier et février, l'activité devrait rester 5 % en dessous de son niveau d'avant-crise au mois de mars, selon l'enquête de conjoncture dévoilée par la Banque de France aujourd'hui. Mais les entreprises sont plutôt confiantes dans l'évolution de l'activité en seconde partie d'année.
François Villeroy de Galhau
François Villeroy de Galhau

Les informations du gouvernement concernant l'évolution de la pandémie sont assez difficiles à interpréter ces derniers temps : quelques jours après que le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a évoqué un possible retour à la normale vers la mi-avril, l'ARS d'Ile de France demandait aux hôpitaux de la région de déprogrammer 40 % de leurs activités médicales et chirurgicales afin d'augmenter leurs capacités d'accueil pour des patients Covid-19. Preuve que le contexte sanitaire est encore des plus incertains, ce qui complique la capacité des entreprises de se projeter à court terme. Celles-ci ont malgré tout décidé de croire en la campagne de vaccination et de voir le verre à moitié plein, et se sont donc montrées plutôt optimistes lors de la dernière enquête de confiance publiée par la Banque de France hier soir.

Ainsi, les 8500 sociétés ou établissements interrogés par l'institution anticipent une légère progression de leur activité dans l'industrie et le bâtiment et une stabilité dans les services, bien que celle-ci demeure sans surprise à des niveaux très bas. L'industrie chimique est quasiment revenue à un niveau jugé "normal", puisque 97 % des entreprises du secteur ont estimé que c'était le cas en février, contre 84 % d'entre elles dans l'automobile et 94 % dans les machines et l'équipement. La restauration et l'hébergement sont les deux secteurs où l'activité a été la plus basse en février, à respectivement 16 % et 26 % et l'hôtellerie envisage même une très légère dégradation de la situation pour le mois de mars.  Autre signal de ce regain d'optimisme des entreprises, leur opinion sur les carnets de commandes a progressé dans l'industrie en février (à 2) et est même redevenue positive pour la première fois depuis le début de la crise (-45 en avril 2020). Dans le bâtiment, l'opinion sur les carnets de commandes s'est elle aussi améliorée même si elle demeure inférieure à son niveau d'avant crise.

Ces informations plutôt encourageantes suggèrent une légère croissance du PIB au 1er trimestre par rapport au dernier trimestre de l'an dernier, avec un niveau d'activité environ 5 % en dessous de son niveau d'avant-crise. "Les secteurs non directement exposés aux mesures sanitaires présentent une activité proche de la normale et globalement stable", explique ainsi la Banque de France dans l'enquête. "En revanche, les secteurs directement touchés, tels que les matériels de transport, les services de transport, l'hébergement-restauration et les services aux ménages maintiennent un niveau de perte élevé, voire enregistrent une légère détérioration de leur activité", poursuit l'institution. Une évaluation corroborée par les données à haute fréquence, tels que les indices de mobilité de Google, les dépenses par cartes bancaires et les indicateurs de trafic routier ou de consommation d'électricité, qui sont tous restés stables au mois de février.

Certes, l'évolution de la conjoncture à très court terme dépendra en grande partie des mesures de restriction sanitaires et de l'évolution de la campagne vaccinale. Mais, même en prenant compte ce haut degré d'incertitude, le PIB français devrait parvenir à légèrement augmenter par rapport au Q4 selon la Banque de France. Dans ces conditions, l'acquis de croissance en moyenne annuelle à la fin du premier trimestre (c'est-à-dire la croissance en 2021 par rapport à 2020 si le PIB restait inchangé sur les trois prochains trimestres) devrait être proche de 4 %.

Une hypothèse prudente, qui explique que le gouverneur a ce matin affirmé que la croissance de l'Hexagone pourrait être supérieure à cela : selon lui le PIB français devrait croître "d'au moins 5 % cette année", un niveau "nettement supérieur à la moyenne européenne". Le ministre de l'économie Bruno Le Maire a lui aussi affiché un optimisme de bon aloi ce matin, en déclarant que l'économie retrouverait des couleurs très rapidement, dès que les mesures de confinement seraient levées. "L'économie française va surprendre la zone euro et le reste de l'Europe par sa capacité de rebond d'ici la fin de l'année 2021", a ainsi affirmé le ministre de l'Économie sur France 2, en évoquant le "maintien de l'investissement des entreprises" et la "résistance du marché du travail". S'il ne s'est pas risqué à donner de nouvelles estimations chiffrées, l'OCDE dans ses nouvelles prévisions table de son côté sur une estimation assez proche de celle de la BdF, de 5,5 % pour cette année. 

 

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