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Allemagne conjoncture

Macro-économie / Taux / Allemagne / IFO / Conjoncture

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Allemagne / IFO / Conjoncture

Les entreprises allemandes ont retrouvé un haut niveau d’optimisme mais…

Si leurs anticipations de l’activité à six-mois affichent un rebond très impressionnant, il doit être relativisé. Explications.
Berlin - Allemagne
Berlin - Allemagne

Parmi les grandes économies de la zone euro, c’est probablement le pays le moins affecté par la pandémie, tant au plan sanitaire que sur le plan économique. En effet, l’Allemagne compte 108,83 morts par million d’habitants, quand les Pays-Bas, la France, l’Italie ou encore l’Espagne possèdent un ratio trois à six fois plus élevé. Au niveau économique, les grandes organisations internationales anticipent une récession beaucoup moins importante (7,8% en 2020 selon le FMI) outre-Rhin comparativement à celles que vont connaître l’Hexagone ou la Botte.

Si d’après les dernières enquêtes auprès des directeurs d’achats, c’est la France qui a connu le début de reprise le plus rapide, les performances de l’Allemagne n’ont rien de honteuses. Et la dernière publication de l’Ifo tend à valider ce constat. De fait, dans son enquête menée auprès de 9.000 entreprises allemandes, l’institut Ifo rapporte qu’après avoir touché un creux en perdant 22,5 points au total, le climat des affaires est proche de retrouver son niveau d’avant-crise. Il a atteint 90,5 points en juillet, contre 86,3 en juin et 95,8 en février : le climat des affaires a donc effacé 80% de sa dégradation due à la crise.

L’Ifo estime le climat des affaires en se fondant sur les réponses des entreprises à propos de leurs anticipations sur l’activité d’ici six mois et sur leur évaluation de l'activité économique actuelle. Cette dernière composante a gagné 3,2 points en un mois pour s’afficher à 84,5 points, bien loin de son niveau de février à 98,8 points. C’est la composante plus prospective de l'enquête qui est surprenante. En atteignant 97 points contre 91,6 points précédemment, elle se situe à un plus haut depuis novembre… 2018 ! C’est le commerce de gros, ainsi que le secteur manufacturier qui expliquent en grande partie cet état de fait, le pourcentage net d’entreprises optimistes (celles qui jugent la situation économique à six mois "plutôt favorable" moins celles qui la jugent "plutôt défavorable") de ces secteurs est le plus élevé, juste devant le secteur des services. 

Attention toutefois, car l’Ifo calcule un autre indicateur appelé Ifo dispersion. Cet indicateur, dont les valeurs sont comprises entre 0 et 100, mesure l’incertitude associée aux anticipations d’activité à 6 mois (il mesure la dispersion des réponses des entreprises). Pour le mois de juillet, il atteint 70,7 et est en hausse constante depuis mars (c’est une moyenne mobile sur trois mois), soit un niveau historiquement très élevé. En d'autres termes, si les entreprises allemandes font preuve d'un important optimiste, il est teinté d’une incertitude très significative.

Plus globalement, jeudi sera connue l'évolution du Produit intérieur brut allemand pour le deuxième trimestre. Dans ses dernières prévisions, le Conseil des sages allemand a dit s'attendre à une contraction de 9,7% par rapport aux trois premiers mois de l'année. L'Allemagne devrait ensuite connaître un rebond de 4,3% au troisième trimestre puis 2,5% lors du quatrième.

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