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Sur les marchés
CAC 40 / OAT / Bund
Le stress sur les marchés financiers s’est stabilisé / Mais le risque de turbulences reste élevé
La Bourse de Paris a reculé vendredi de 0,6%, à 7 628,57 points, épilogue d’une semaine où le marché n’aura cessé d’alterner les hausses et les baisses, ne récupérant qu’une petite partie du terrain perdu lors de l’annonce de la tenue des élections législatives anticipées.
Le CAC 40 a regagné un peu moins de 2% en cinq séances, quand il en avait perdu plus de 6% la semaine précédente. Cette récente sous-performance de l’indice phare "suggère que certains risques politiques sont pris en compte, mais une incertitude accrue pourrait continuer à affecter l'appétit pour le risque", observe Mark Haefele, chef des investissements (Chief Investment Officer) chez UBS Wealth Management. A cet égard, "les valeurs financières, les services publics et les infrastructures sont les plus vulnérables aux changements politiques", rappelle-t-il. Rien d’étonnant dans ces conditions, à ce que Société Générale (-1,4%), BNP Paribas (-1,3%) et Crédit Agricole SA (-1,2%) aient encore perdu du terrain vendredi.
A noter la chute de plus de 30% (-32,6%) enregistrée vendredi par l’action Atos, malgré l’annonce d’un accord de principe entre le groupe informatique et des banques et porteurs d'obligations concernant son financement intérimaire. La société prévoit de signer un accord de principe avec le consortium Onepoint concernant sa restructuration financière durant la semaine du 24 juin.
Dans le même temps, "le stress sur la dette française s’est stabilisé à un niveau élevé mais pas extrême cette semaine", observent Sebastian Paris-Horvitz et Xavier Chapard, de La Banque Postale Asset Management (LBPAM). Alors que l’écart ("spread") entre les taux d’intérêt à long terme de la dette souveraine française et allemande a oscillé entre 75 et 80 points de base tout au long de la semaine, la première émission de dette de l’Etat réalisée jeudi depuis l’annonce des élections s’est déroulée normalement. "Cela indique que les investisseurs ne boudent pas totalement la dette française malgré les incertitudes mais qu’ils ne trouvent pas qu’elle soit particulièrement attractive malgré la prime qu’elle offre", notent-ils. Le fait est que si "la résilience de la demande pour la dette française à court terme est rassurante", "les perspectives budgétaires restent compliquées dans tous les scénarios probables", ajoutent les experts de LBPAM.
Le rendement du Bund allemand à 10 ans s'inscrivait vendredi soir à 2,405%, contre 2,433% jeudi soir. Le taux de l'obligation assimilable du Trésor (OAT) française de même échéance s’établissait à 3,147%, contre 3,149% jeudi soir.
Hors actifs français, les actions européennes ont annulé la moitié de leur baisse de la semaine dernière, se situant seulement 2% sous leur niveau d’avant les élections, et ce même si l’indice paneuropéen Stoxx Europe 600 a reculé vendredi de 0,7%, le DAX 40 allemand abandonnant 0,4% de son côté.
Sur le front des devises, l’Euro a perdu vendredi 0,1% face au billet vert, à 1,0694 euros. Alors que l'incertitude politique a pesé sur l'euro, "nous pensons que la parité euro/dollar pourrait tester 1,05 si l'incertitude persiste", estime Mark Haefele d'UBS. "Cela dit, nous ne pensons pas que la relation de la France avec l'UE changera radicalement après l'élection : Le président Macron conserverait les pouvoirs constitutionnels sur l'Europe, la politique étrangère et la défense, et dans tous les cas, le Rassemblement national a déclaré qu'il ne souhaitait plus quitter l'UE ou la zone euro", ajoute-t-il.
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