Taux - Dette Souveraine / OAT / Agence France Trésor / Emission
Taux - Dette Souveraine
OAT / Agence France Trésor / Emission
La France lève un montant record à long terme
Malgré la crise, la France continue de faire carton plein à chacune de ses émissions : hier matin encore l'Agence France Trésor a levé pour 11,7 milliards d'euros de dette à long terme, et rencontré une forte demande, de 2,3 supérieure à l'offre en moyenne. Dans le détail, l'AFT a émis pour 5,55 milliards d'euros de titres à échéance novembre 2030, pour 2,20 milliards d'obligations mai 2034, pour 1,6 milliard de titres à 19 ans et pour 2,37 milliards de titres mai 2052. 11,7 milliards représentent le haut de la fourchette visée, et l'AFT pourrait même lever davantage par le biais de deux offres non compétitives qui auront lieu aujourd'hui.
"Le montant émis lors de l’adjudication d’OAT long terme ce matin (11,748 Md€) est un record en termes de taille ", explique ainsi un responsable de l'AFT. Les rendements restent au plus bas puisque l'OAT à dix ans s'est adjugée à un taux négatif, de -0,09%, même s'il ne s'agit pas du niveau le plus bas auquel l'AFT a émis une obligation de telle échéance : le 5 mars dernier, avant le confinement, l'agence avait émis une obligation à 10 ans à un rendement de -0,32%. Les titres à échéance 32 ans ont quant à eux été émis à un taux de 0,64%. Ce qui signifie qu'il coûte moins de 1% à l'État pour s'endetter à très long terme.
Une aubaine pour l'État dont les besoins de financement ont sensiblement augmenté par rapport au projet de loi de finance initial présenté à l'automne 2019, afin de financer les mesures anti-crise instaurées dans l'urgence pendant la pandémie. Ainsi, les émissions de moyen et long terme nettes de rachats s'établiront à 260 milliards d'euros (soit 15 milliards d'euros de plus par rapport à la LFR 2) cette année, tandis que la variation des titres d'État à court terme (BTF) est portée à 79,9 milliards (+15,8 milliards par rapport à la LFR2). Le programme d'émission français nette de rachats à moyen long terme a donc augmenté de près de 26% par rapport à ce qui avait initialement été annoncé dans la LFR fin décembre, où la France prévoyait alors d'émettre 205 milliards sur l'année.
Malgré un endettement qui devrait atteindre 120% du PIB cette année, et le risque d'une dégradation par l'une des trois principales agences de notation à l'automne, la France continue de bénéficier de son statut de valeur refuge. Selon le dernier bulletin mensuel de l'AFT, la dette française est détenue à 53,6% par des investisseurs étrangers.
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