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Sur les marchés
Agence France Trésor / OAT / Dette
Les fonds britanniques achètent l'OAT 20 ans
C'est donc hier que l'Agence France Trésor a procédé à l'émission par voie de syndication de sa nouvelle OAT mai 2040. Et le succès a été au rendez-vous : l'AFT a ainsi levé pour 7 milliards d'euros à vingt ans, à un taux de 0,525 %. Ce qui correspond au niveau de taux à l’émission le plus bas jamais observé par l’AFT lors de ses opérations de lancement par syndication d’une obligation de long terme dans la zone 20 ans. Et la demande a été très soutenue, puisqu'elle a atteint 51 milliards d'euros, soit un taux de couverture de 7,2.
La création de cette nouvelle souche sur le marché obligataire français était destinée à répondre aux besoins de financement supplémentaires de l'État – ceux-ci ont augmenté de 20 % par rapport au PLF initial — liés au programme de relance de l'économie. Cette opération, avait précisé l'AFT au moment de son annonce il y a quelques jours, aurait lieu par le biais d'une émission syndiquée. Technique consistant en un engagement précis entre les banques (réunies dans un syndicat bancaire) et l’émetteur, d’acquérir des titres à un prix défini avec l’émetteur. Barclays, BNP Paribas, Deutsche Bank, NatWest Markets et Société Générale étaient les chefs de file de cette opération. Les syndications sont généralement utilisées sur les segments de marché moins profonds, dont font partie les titres de longue échéance (20 ans et plus).
Et leurs résultats sont très instructifs pour connaître le profil d'investisseur intéressé par la dette française, puisqu'à la différence des émissions classiques, il est possible de connaître l'origine géographique et le type d'investisseur ayant acquis les titres. Or, selon les données fournies par l'AFT, l'allocation a reflété "la base d’investisseurs très diversifiée et de qualité dont bénéficie la dette souveraine française". Ainsi, près de 400 investisseurs finaux ont souscrit à l’opération, ce qui constitue un nouveau record. Le montant syndiqué a été alloué pour 14 % à des institutions publiques, 8 % à des assureurs, 7 % à des fonds de pension, 32 % à des gestionnaires d'actifs, 33 % à des banques et 6 % à des gestions alternatives. Enfin d’un point de vue géographique, la distribution a souligné une demande soutenue des investisseurs européens et internationaux pour les titres d'État français de maturité longue. L'allocation a mis en évidence l'intérêt notamment des investisseurs venant de la zone euro (50 %) - France (10 %), Italie (13 %), Pays-Bas (9 %), Allemagne (7 %), Espagne (7 %) - autres pays de la zone euro (4 %), de la Scandinavie (9 %), du Royaume-Uni (23 %), de l’Asie et du Moyen-Orient (8 %) et de l’Amérique du Nord (5 %). Les investisseurs issus de Grande-Bretagne sont donc ceux qui ont le plus massivement acheté des titres hier.
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