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Actionnaires de Scor : attention aux activistes masqués !

Les actionnaires de Scor ont rendez-vous à 10 heures en Assemblée générale au siège du réassureur. Rendez-vous important pour la gouvernance des entreprises françaises, puisqu’un fonds activiste veut essayer de mettre en minorité les dirigeants du groupe, pour avoir refusé de sacrifier leur indépendance en mettant en échec l’OPA de Covéa.
Denis Kessler - Scor
Denis Kessler - Scor

Le fonds activiste CIAM a lancé une campagne très agressive contre le réassureur SCOR à un mois de son Assemblée Générale, en déposant un projet de résolution pour "révoquer" son Président, Denis Kessler, et en appelant à voter contre le renouvellement de son Administrateur référent, Augustin de Romanet. Mais quelles sont donc les vraies motivations de ce fonds ? CIAM a fait savoir en septembre 2018 qu’il détient moins de 1 % du capital de SCOR, notamment via son fonds "Satellite Event-Driven" domicilié au Luxembourg. Ce fonds, constitué le 20 juin 2018, est devenu, selon les informations de WanSquare, opérationnel mi-juillet… soit un peu plus d’un mois avant que Covéa ne soumette son projet d’offre non sollicitée au conseil d’administration de SCOR. Auprès de qui CIAM a-t-il levé des fonds ? Mystère et boule de gomme ! Avec quelle promesse aux investisseurs ?

La première lettre de CIAM est adressée à SCOR le 17 septembre, moins de deux semaines après que Covéa a rendu publique l’information selon laquelle sa proposition de rachat de SCOR avait été refusée par le Conseil d’administration du Groupe de réassurance. Dans son courrier, la présidente de CIAM, Catherine Berjal, critique véhémentement le rejet unanime du projet de Covéa par les instances de gouvernance de SCOR. CIAM, qui ne serait actionnaire de SCOR que depuis quelques jours, souhaite donc manifestement réaliser une plus-value spéculative à très court terme. Sa démarche repose sur une critique virulente de la gouvernance du groupe SCOR. Depuis, CIAM n’a cessé de remettre en cause pêle-mêle gouvernance, gestion et capacité de création de valeur de SCOR. Coup de théâtre en janvier dernier. Covéa annonce précipitamment que SCOR ne fait "plus partie de ses options stratégiques". Plutôt que d’adresser ses reproches à Covéa, pour avoir entretenu pendant six mois l’espoir d’une offre publique CIAM accuse aussitôt Denis Kessler d’avoir agi à l’encontre des intérêts des actionnaires de SCOR.

Ce fonds considère que les instances de gouvernance n’auraient jamais dû engager de procédures judiciaires – dit autrement, qu’une plus-value à court terme justifierait de rester passif face à des agissements qui, s’ils sont avérés, sont aussi graves que choquants. Chacun sa morale ! Au point de remettre en cause l’intégrité et les compétences du management et du Conseil d’administration du réassureur et de proposer, à l’occasion de l’assemblée de SCOR qui se tient ce matin, la "révocation" pure et simple de Denis Kessler – en plein milieu de son mandat – et le non-renouvellement de l’administrateur référent.

Cela interpelle. D’une part, les fonds activistes s’attaquent généralement aux entreprises en difficulté. Or SCOR est en excellente santé. Tous les indicateurs sont au vert : croissance, solvabilité, rentabilité… D’autre part, les fonds activistes proposent généralement une stratégie alternative. Or, CIAM n’a proposé strictement aucune inflexion ni modification à la stratégie mise en œuvre par le management et le Conseil d’administration.de SCOR. CIAM propose même que Denis Kessler en reste le Directeur général… Enfin, comment expliquer l’obsession de CIAM pour le projet avorté de Covéa ? Un premier scénario vient à l’esprit : CIAM serait le "faux nez" de Covéa ou de ses conseils. Toutefois, Madame Berjal a affirmé avec la plus grande fermeté dans une lettre du 6 février adressée à SCOR et rendue publique que CIAM n’avait eu "aucun contact avec Covéa", et qu’il ne s’agissait donc aucunement d’une action coordonnée.

De deux choses l’une. Soit Madame Berjal n’a pas dit toute la vérité, soit CIAM avait en réalité promis à ses investisseurs un rendement spéculatif exceptionnel à court terme, partant du principe que le projet de Covéa avait toutes les chances d’aboutir. On comprend pourquoi, dans un tel scénario, ce serait la panique à bord chez CIAM depuis la retraite de Covéa fin janvier. Comment convaincre les investisseurs mystères qu’ils ne doivent pas retirer leurs fonds ? Bon sang, mais c’est bien sûr ! En proposant de renvoyer le PDG de SCOR mais aussi son administrateur référent. Leur départ ouvrirait en effet la voie à une nouvelle OPA, qui permettrait à CIAM de tenir sa promesse aux investisseurs ! Avantage annexe, une nouvelle équipe serait poussée à arrêter les procédures judiciaires en cours à l’encontre de Covéa et de son dirigeant.

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