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Suez, Ciam, Veolia

Entreprises / Actions / Suez / CIAM / Veolia

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Suez : la pression monte pour une AG

Dans un courrier envoyé aux administrateurs de Suez, l’activiste Ciam menace Suez de poursuites. Il pousse également Veolia à détailler son projet d’offre.
Suez - La Défense
Suez - La Défense

Ciam relance son offensive contre Suez. Le fonds activiste, présidé par Catherine Berjal, a envoyé hier soir deux courriers, l’un au président de Suez Philippe Varin et aux administrateurs du groupe, l’autre à Antoine Frérot, PDG du numéro un mondial du traitement de l’eau et des déchets Veolia, qui vient d’acquérir auprès d’Engie 29,9% du capital de Suez, au grand dam de ce dernier. Derrière ces deux courriers, que Wansquare s’est procurés, une stratégie à deux volets. L’un, offensif, vise Suez et sa décision de placer l’activité Eau France dans une fondation de droit néerlandais (stichting) à la gouvernance de fait inamovible, tandis que l’autre pousse Veolia à avancer dans son projet d’acquisition.

Rappelons que Ciam, actionnaire minoritaire de Suez (à environ 0,5%), est favorable à ce que Veolia lance une offre publique d’achat au même prix que celui qu’il a payé pour la participation d’Engie – à savoir 18 euros par action, un prix inespéré au regard du parcours boursier de Suez ces dernières années. Le groupe d’Antoine Frérot s’est engagé pour une période de six mois à ne lancer son offre que s’il obtenait l’accord du conseil de la cible.

Dans le premier e-mail, Ciam menace Suez d’"engager la responsabilité civile et pénale des membres du conseil pour des fautes qui nous semblent déjà caractérisées". Et le fonds de rappeler ses griefs : il considère que la création de la stichting – qui certes empêche un prédateur (en l’occurrence Veolia) de mettre la main sur l’Eau en France, mais qui de ce fait rend inaliénable un actif représentant 12% du chiffre d’affaires du groupe même après un changement de contrôle – "fait perdre à Suez des droits sur sa filiale – et donc une valeur patrimoniale considérable – sans la moindre contrepartie pour la société". Ciam accuse donc le conseil d’administration de Suez d’agir contre l’intérêt social l’entreprise. "Le bénéficiaire principal de cette décision semble être le conseil lui-même, qui s’offre une protection illégitime au détriment de la société", explique-t-il. En outre, le dispositif prive l’ensemble des actionnaires, qui ne pourraient plus "se prononcer sur le sort de cet actif" en assemblée générale.

Dernier obus de la salve, Ciam estime que Suez accélère les cessions d’actifs prévues dans son plan stratégique "Suez 2030", dans une précipitation que le fonds qualifie de "préjudiciable". Allusion notamment aux négociations exclusives entamées par Suez avec l’allemand PreZero concernant la vente de ses activités de recyclage dans quatre pays d’Europe – des actifs que Veolia aurait préféré conserver. Ciam accuse donc Suez de mener la tactique anti-OPA appelée "bijoux de la couronne", qui consiste à vider au maximum la cible de tout intérêt pour le prédateur.

Parallèlement, dans l’e-mail adressé à Antoine Frérot, Ciam note une évolution positive de la part du conseil de Suez, en ce qu’il a mandaté un proxy sollicitor pour dialoguer avec ses actionnaires (en l’occurrence la société D.F. King) : le fonds admet que cette initiative tendrait à prouver que Suez est "disposé à examiner le principe d’une offre amicale". Prenant acte et voulant profiter de cette bonne disposition, l’activiste exhorte Veolia à présenter un projet d’offre détaillé, qui serait évidemment conditionné à l’abandon de la fondation.

À l’heure où nous publions, les protagonistes n’étaient pas en mesure de fournir une réaction.

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