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Le fonds activiste CIAM serait en pleine déroute

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CIAM / Scor / Renault / Europcar / Suez

exclusif Le fonds activiste CIAM serait en sortie de route

EXCLUSIF. Selon les informations obtenues par WanSquare, les actifs sous gestion du fonds activiste CIAM dirigée par Catherine Berjal, seraient passés en 18 mois de 600 millions d’euros à moins de 200 millions d’euros. Une chute spectaculaire liée à des choix stratégiques déraisonnables.
Anne-Sophie d'Andlau et Catherne Berjal - CIAM - DR
Anne-Sophie d'Andlau et Catherne Berjal - CIAM - DR

 

Depuis deux ans un fonds activiste français tente de se faire de la publicité sur la plupart des grands dossiers où il est question de gouvernance des entreprises : SCOR, Renault, Europcar et maintenant Suez. Concernant ce dernier groupe Catherine Berjal qui assurait détenir il y a trois semaines 0,5 % du groupe présidé par Philippe Varin, a déclaré, la semaine dernière posséder, en fait 1 %. Mais au siège du groupe on explique qu’aucun seuil statutaire n’a été déclaré.

De la même manière le fonds CIAM explique qu’il gère 600 millions d’actifs à travers quatre fonds – dont deux sont situés aux Iles Caïmans, ce qui n’est pas forcément le meilleur moyen de donner des leçons de morale aux dirigeants des groupes français – alors que selon plusieurs sources concordantes, ses actifs seraient récemment passés sous la barre des 200 millions d’euros, du fait de mouvements de décollecte et de la baisse de ses actifs placés en Bourse. Si ces chiffres sont avérés, cela ferait de CIAM l'un des plus mauvais gestionnaires d’actifs du moment avec une division par trois de leurs encours en l’espace de seulement dix-huit mois. Interrogé par nos soins afin d'infirmer ou de confirmer ces chiffres, la dirigeante du fonds n'a pas souhaité répondre à nos questions.

CIAM semble choisir ses supports d’investissement en fonction non pas de la plus-value potentielle mais de la publicité que le fonds peut se faire en endossant les habits d’activiste et en adressant des courriers comminatoires aux dirigeants des sociétés concernées. Pour preuve : son fonds flagship CIAM Opportunities a été lancé en août 2013. Sa performance, de la date de sa création au 30 septembre 2020 (date de la dernière valorisation du fonds), est de 15,62%, soit un rendement annualisé très modeste de 2,07 %.

A titre de comparaison, les rendements totaux  du CAC 40 et du SBF 120, sur la même période, sont respectivement de 52,02% et 54,61% (soit en base annuelle 6,08% et 6,34%). Depuis sa création, le fonds flagship de CIAM affiche donc une sous-performance significative de -36,40% et -38,99% par rapport aux deux indices phares des marchés actions français. Les performances relatives du fonds flagship de CIAM sont médiocres tant en période de marchés haussiers qu’en période de marchés baissiers.

Ainsi du mois d’août 2013 au 31 janvier 2020 (date de la dernière publication de la valorisation mensuelle du fonds par CIAM avant l’effondrement des marchés financiers en raison de la pandémie de Covid-19), le fonds CIAM Opportunities affiche une performance de 65,84% (8,19% en rendement annualisé). Sur la même période, le CAC 40 et le SBF 120 ont des rendements totaux respectifs de 80,13% et 82,54% (soit en base annuelle 9,59% et 9,82%). Sur cette période de marchés haussiers, CIAM sous-performe donc les deux indices phares des marchés actions français de -14.29% et -16.70%, respectivement.

 

Une performance catastrophique depuis le début 2020

 

Depuis le début de l’année 2020, le fonds flagship de CIAM affiche des contre-performances historiques : au cours des neuf premiers mois de 2020 (du 1er janvier au 30 septembre 2020), le fonds CIAM Opportunities affiche une performance catastrophique de -34,34%. Sur la même période, le CAC 40 et le SBF 120 affichent des rendements totaux respectifs de -17,90% et -17,28%. La sous-performance du fonds de CIAM par rapport à ces deux indices sur cette période atteint donc -16,44% et -17,06%, respectivement.

Il faut dire que sur les dernières campagnes d’activisme de CIAM (les dossiers SCOR, Renault et Europcar), les chiffres sont édifiants. S’agissant de SCOR, du 31 juillet 2018 (dernière valorisation du fonds CIAM Opportunities avant l’annonce par le groupe mutualiste Covéa de sa tentative de rachat du groupe de réassurance SCOR) au 31 janvier 2020 (dernière valorisation mensuelle du fonds CIAM Opportunities avant la crise financière liée au Covid-19), le rendement total de l’action SCOR est de 21,14% contre -3,22% pour le fonds CIAM Opportunities, soit une contre-performance relative de CIAM de -24,36%. "Belle" performance pour un fonds qui donnait des leçons à SCOR sur sa capacité à créer de la valeur ! Durant la même période, le CAC 40 et l’indice SBF affichent des rendements totaux respectifs de 9,51% et 8,17%.

S’agissant de Renault, dont le cours a bondi de 12,09% le 27 mai 2019, jour de l’annonce d’un projet de rapprochement entre FCA et Renault, le 3 juin 2019, CIAM a fait parvenir au conseil d’administration un courrier pour faire part de la sous-valorisation de Renault dans ce projet de rapprochement, y affirmant en particulier de manière péremptoire, bien entendu sans le démontrer et sans grande connaissance du secteur automobile : "nous nous opposerons donc fermement à cette prise de contrôle opportuniste qui non seulement sous valorise Renault, mais en plus ne propose aucune de prime de contrôle".

Le 6 juin 2019, date de l’annonce par FCA du retrait de son offre sur Renault, le cours de l’action chute de -6,4%. Entre le 29 octobre 2019 et le 31 octobre 2019, dates de la première fuite puis de la confirmation officielle du projet de rapprochement entre PSA et FCA, l’action Renault chute à nouveau de -7,36%. Ainsi, l’action Renault a dévissé de -19,50% entre son plus haut niveau atteint pendant la période de rapprochement avec FCA et l’abandon de ce projet. Pire, depuis l’action Renault n’a cessé de s’effondrer, affichant entre le 27 mai 2019 et le 21 février 2020, juste avant l'effondrement des marchés financiers en raison de la crise sanitaire, une baisse de -39,78%. Belle analyse de la valorisation de Renault par CIAM !

 

Le fiasco Europcar

 

Mais la perle de la gestion activiste de CIAM c’est son investissement dans Europcar. CIAM a indiqué avoir franchi le seuil de 5% du capital et des droits de vote d’Europcar le 7 novembre 2019, profitant de la chute du cours de bourse de la société (à environ 3 euros, alors un plus bas historique) consécutive à un avertissement sur les résultats de 2019. "L'action était clairement sous-évaluée et la faiblesse du cours de Bourse constituait une opportunité d'achat que nous avons saisie" commentait Catherine Berjal à l’Agefi en janvier 2020, précisant "le titre Europcar vaut selon nous entre 7 et 8 euros, mais il vaudra bien plus lorsque le groupe aura achevé sa restructuration"…  Le fonds a continué à renforcer sa position alors que l’action d’Europcar dégringolait. Ainsi, le 17 mars 2020, CIAM a franchi en hausse les seuils de 10% du capital et des droits de vote du loueur de véhicules (alors que le cours de son action était d’environ 1,30 euros).

Un peu plus de six mois plus tard, l’action Europcar s’échange aujourd’hui à… 0,6 euros, accusant une baisse de 86% depuis le début de l’année 2020 ! La déconfiture financière de CIAM sur le dossier Europcar est totale. Un autre exemple qui atteste de manière éclatante de l’incompétence financière et stratégique de ce fonds !

A la lumière de cette analyse, il est clair que le fonds CIAM serait plus avisé de se soucier du rendement qu’il assure à ses propres investisseurs plutôt que de s’inquiéter de la création de valeur dont bénéficient les actionnaires des sociétés dans lesquelles il investit. Une chose est sûre : la stratégie "event-driven" de CIAM n’est pas "financially-driven" !

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