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Régulation / Concurrence / 5g

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5G : la fausse bonne idée

Le nouveau réseau, qui promet une navigation à haute vitesse et un support à la voiture autonome, pourrait se révéler préjudiciable pour les Français. Pour plusieurs raisons.
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Demain, les consommateurs téléchargeront un film en quelques secondes depuis le siège de leur voiture sans conducteur, dirigée par la magie d'un réseau 5G couvrant les principaux axes autoroutiers. Voilà ce que l'implantation d'un nouveau réseau mobile promet à ses futurs utilisateurs, impatients d'en découvrir toutes les options. Mais derrière la belle promesse d'avenir, se cachent des intentions diplomatiques et politiques mal pensées, aux retombées nocives pour le consommateur européen.

À moins de quatre mois de la date à laquelle doivent débuter les enchères des blocs de fréquences 5G en France, le mystère reste intact. Le cahier des charges se fait toujours attendre, et nul ne sait si l'équipementier chinois Huawei pourra opérer sur le territoire, accusé par les États-Unis d'être le cheval de Troie de Pékin. Soit dit en passant, eu égard à son expertise et aux prix qu'il pratique, les plus bas du marché, son éviction coûtera aux opérateurs télécoms européens 55 milliards d'euros et près de deux ans de retard sur la mise à exécution.

Pire cette fois, dans une période où la gestion publique du budget est critiquée de toutes parts, l'État français n'est pas capable d'estimer le montant qu'il espère retirer de la vente de ce patrimoine immatériel. Si l'on en croit les dernières déclarations, le gouvernement Philippe est toujours en pleine "réflexion" pour trouver un juste milieu entre "l'objectif d'équilibre" du budget de l'État et la prise en compte des investissements importants que devront faire les opérateurs. 

Il faut dire que si l'on regarde ce qu'il se passe en Allemagne et en Italie, deux pays qui sont comparables en termes de marché des télécommunications et qui ont tous deux terminé le processus de mises aux enchères, les citoyens français peuvent être inquiets. Les deux États vont chacun encaisser la somme de 6,5 milliards d'euros. C'est trois fois plus que ce qui était dit soutenable pour ne pas plomber les bilans déjà fragiles des acteurs du secteur. Alors oui, Orange, SFR, Free et Bouygues payeront, parce qu'ils n'ont pas d'autre choix que de s'aligner sur la concurrence internationale et les nouveaux désirs du consommateur. Mais à la fin, ce sont bien les Français qui feront le chèque, et nul doute que ces nouveaux abonnements qui toucheront nécessairement et inégalement au pouvoir d'achat des travailleurs, réveilleront des consciences déjà éreintées. 

En ce qui concerne Huawei, la France aurait bien raison de s'assumer sur la scène internationale des télécommunications, un enjeu majeur de la sécurité et de la défense de notre territoire. Crier à la Chine : "Non, nous ne vous suivrons pas en tout lieu et en tout temps" serait courageux, mais encore faut-il avoir les armes. Donald Trump les a, Emmanuel Macron non. Refuser Huawei pour la fausse raison des mises sur écoute (qui ne cesseront pas en interdisant la seule présence du chinois sur le territoire) ne fera qu'augmenter les dépenses publiques et le tarif de la 5G. Et cette fois encore, la France paye son absence de vision stratégique industrielle !

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