Les patrons des banques US boudent la réunion pour la paix au Moyen-Orient
C’est le grand chantier auquel s’attelle Jared Kushner, le gendre du Président américain, depuis le début du mandat de son beau-père. Les 25 et 26 juin prochain, la Maison Blanche organise un grand atelier économique à Bahreïn, dont l’objet est de lancer le volet économique de "l’opération du siècle", à savoir commencer les négociations de paix au Moyen-Orient. Les leaders et sociétés palestiniens ont d’ores et déjà refusé de se rendre à cet événement, mais l’administration Trump mise aussi sur ses propres poids lourds, en particulier les grandes banques qui ont des intérêts stratégiques au Moyen-Orient.
Le Président a ainsi invité Jamie Dimon, CEO de JP Morgan, Brian Moynihan de Bank of America, ou encore Michael Corbat de Citigroup à assister à ce grand forum intitulé "la paix pour la prospérité". Mais selon CNBC, aucun d’entre eux ne s’y rendra, alors même qu’ils ont tous une présence locale et y font des affaires, avec des bureaux dans les Émirats arabes unis et en Arabie Saoudite. Même chose pour Larry Fink, le CEO de BlackRock – le plus grand gestionnaire d’actifs au monde avec plus 6.500 milliards de dollars sous gestion.
Pour d’autres, la réponse n’est pas encore claire. Chez Goldman Sachs, on ne sait pas encore si le nouveau CEO David Solomon a été invité, ni même si son bras droit Dina Powell, qui est une proche du Président puisqu’elle a officié comme conseillère à la sécurité nationale pour Donald Trump, sera du voyage.
Donald Trump peut néanmoins compter sur ses soutiens de la première heure, et en particulier Tom Barrack, le fondateur de Colony Capital, qui a répondu présent. De même, les rumeurs laissent entendre que Steve Schwarzman, le CEO de Blackstone et un généreux donateur du président américain, fera le déplacement.
Malgré cela, le refus de quelques-unes des grandes figures bancaires américaines est un véritable camouflet pour l’administration Trump, dont le sommet a pour but de "galvaniser le soutien pour de potentiels investissements et initiatives économiques qui pourraient être rendus possibles par un accord de paix". Mahmoud Abbas, le leader palestinien, a déjà déclaré que le deal du siècle pouvait "aller en enfer ainsi que l’atelier à Bahrein que les américains prévoient de tenir et de maintenir des illusions". L’Égypte, la Jordanie et le Maroc seront représentés lors de ce rassemblement, tandis que le Liban a décliné lui aussi l’invitation.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

