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Avec sa non-IPO, Slack défie à son tour les banques de Wall Street

Après Spotify, le groupe de messagerie professionnelle Slack a lancé hier sa cotation directe ce matin, à une valorisation de 15,7 milliards de dollars. Après une hausse de près de 50 %, cette pépite tech confirme un scénario alternatif aux IPO traditionnelles.
Stewart Butterfield, Slack
Stewart Butterfield, Slack

Si Uber et Lyft ont effectué leur IPO au plus mauvais moment des tensions commerciales au printemps, Slack a bénéficié d’un environnement beaucoup plus favorable hier, puisque les marchés ont été portés par les déclarations de Jerome Powell et de la Fed, et le S&P 500 a clôturé à un nouveau plus haut historique. Surtout, le service de messagerie professionnelle a emprunté une voie peu courante : la cotation directe sans augmentation de capital, qui lui permet d’économiser les coûts des banques teneuses de livres, mais représente aussi plus d’incertitudes sur le prix d’entrée, en l’absence de roadshows. Mercredi soir, Slack a fixé son "prix de référence" à 26 dollars par actions, soit une valorisation de 15,7 milliards de dollars. Mais aussi plus du double de sa valorisation lors de son dernier tour de table, à l’été dernier. Mais cela n'a pas refroidi les investisseurs, puisque le titre a clôturé en hausse de 49 % au terme de sa première journée de cotation.

Slack est la deuxième entreprise tech à avoir choisi cette option, après Spotify en avril 2018. Le service suédois de streaming musical avait bondi les premiers mois avant de retomber sous son prix d’entrée en octobre, en pleine correction des marchés, et revient aujourd’hui tout juste au-dessus de son niveau d’entrée. Pour les marchés, mais aussi pour les banques qui se sont retrouvées privées des précieux fees liés à une IPO tech très attendue, le sort réservé à Slack était donc scruté de près pour l’avenir des IPO traditionnelles. Parmi les prochains candidats, la plateforme de location de logements entre particuliers Airbnb aurait déjà envisagé un scénario de cotation directe.

Une telle option est certes à double tranchant. D’une part, elle permet de ne pas diluer les actionnaires existants à travers une levée de fonds et ne retient aucun actionnaire dans une période usuelle de lock-up. Si bien que les actionnaires peuvent vendre dès le premier jour, mais les investisseurs peuvent aussi acheter le titre dès le premier jour de cotation et ne sont pas limités par l’enveloppe de la levée de fonds, comme c’est le cas dans une IPO classique. "Notre espoir est qu’il n’y ait pas trop de volatilité", a ainsi déclaré Stewart Butterfield, fondateur de Slack (et avant de Flickr) sur CNBC jeudi matin. Mission accomplie.

Mais outre le process de cotation directe, Slack sera aussi jugé par la qualité de ses fondamentaux. À cet égard, les investisseurs se sont montrés intransigeants envers Uber et Lyft, qui continuent de brûler des montagnes de cash et n’ont pas daigné fixer d’objectif précis pour atteindre le point mort dans leurs projections. De son côté, Slack, qui compte pas moins de 10 millions d’utilisateurs actifs par jour, est certes encore en perte mais de façon plus limitée (139 millions de dollars l’an passé), et surtout prévoit d’avoir un cash-flow positif lors du prochain exercice, et conserve encore plus de 800 millions de dollars de trésorerie dans son bilan.

Raison pour laquelle contrairement à ses pairs, il n’avait pas besoin de lever de l’argent. Seule ombre au tableau, mais aussi commun avec les autres pépites tech de la Silicon Valley : un taux de croissance qui devrait nettement ralentir, de 80 % l’an passé à 50 % cette année.

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