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Uber ne gagnera jamais d’argent
Cette semaine devait marquer le coup pour les plateformes américaines de VTC car c’était la première publication de résultats depuis leur offre publique d’achat. Or, Uber comme Lyft ont enregistré des pertes records. Uber a publié une perte opérationnelle de 5,5 milliards de dollars entre avril et juin cette année. Et si 3,9 milliards de dollars peuvent être attribués à son introduction en Bourse, 1,3 milliard est lié directement au fonctionnement de la plateforme. Lyft n’est pas épargnée non plus, le concurrent dévoilant une perte nette opérationnelle de 644,2 millions de dollars sur le second trimestre 2019. Un chiffre qui, mit à côté des 178,9 millions de dollars de pertes sur la même période un an plus tôt, fait douter sérieusement de la solvabilité future de ces plateformes.
Mais dans le cas de Lyft, la route semble a priori dégagée, car le spécialiste a relevé ses objectifs annuels et ne prévoit "plus qu'une" perte d'exploitation ajustée de 850 à 875 millions de dollars en 2019 (contre 1,15 à 1,18 milliard précédemment). Ce qui semble avoir convaincu les investisseurs puisque le titre a grimpé de 3 % hier sur le Nasdaq. Pourtant ils semblent bien oublier que Lyft, comme Uber, ne gagneront jamais d'argent.
Uber a encore du faire un énorme chèque en raison des dépenses exceptionnelles liées aux rémunérations en actions distribuées aux employés à l'occasion de l'IPO. Voilà pourquoi au contraire de Lyft, le titre chutait de plus de 12 % hier : au-delà d'une perte record, c'est tout le modèle de croissance d'Uber qui est remis en cause. Uber continue à dépenser beaucoup trop d'argent, soit en promotions pour ses clients, soit pour conserver ses parts de marché. Les investisseurs ont fini par le comprendre, l'entreprise ne sera jamais rentable.
Selon les analystes, pour qu'elle puisse se targuer d'une trésorerie positive, une plateforme de VTC devrait acquérir une position quasi monopolistique qui lui permettrait à la fois d'augmenter - même légèrement - ses prix et surtout conserver ses chauffeurs. Uber a investi près de 300 millions de dollars dans son programme Driver appreciation award, pour verser une prime aux chauffeurs ayant effectué le plus de trajets, une tentative pour les fidéliser. Sans succès.
Côté clients, il existe des applications de comparateur de prix pour toutes les plateformes de VTC en temps réel. Le client n'a plus qu'a choisir la moins coûteuse, et c'est bien cette bataille des prix permanente à la baisse qui détériore l'entrée de cash flows de chacune de ces plateformes. La voiture autonome serait au moins une solution du point de vue du coût salarial, mais il est évident que la course au prix le plus bas fera encore rage. De sorte que ni Uber, ni Lyft, ne gagneront un jour de l'argent.
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