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Politique européenne / Boris Johnson / Brexit

Politique européenne
Boris Johnson / Brexit

Que fera Boris Johnson ?

Demain, c'est la rentrée des parlementaires britanniques. Les députés ont six jours pour agir.
Boris Johnson
Boris Johnson

Des milliers de Britanniques étaient dans les rues ce week-end pour contester la suspension du Parlement obtenue la semaine dernière par le Premier ministre Boris Johnson du 9 septembre au 14 octobre. Officiellement BoJo prépare une nouvelle politique nationale. Officieusement, il réduit les marges de manœuvre de ses opposants avant la date du 31 octobre à laquelle il a promis coûte que coûte de sortir le Royaume-Uni avec Bruxelles.

Demain, la courte rentrée parlementaire anglaise devrait être houleuse. Les députés essaieront bien sûr de légiférer en urgence pour empêcher un no-deal pendant les six jours du mois de septembre qui leur restent, à moins qu'une motion de censure ne soit envisagée, ce qui entraînerait par convention l'organisation d'élections générales. Les travaillistes doivent alors constituer un gouvernement sous deux semaines. Or, le dirigeant du principal parti d'opposition Jeremy Corbyn est peut-être encore plus impopulaire que BoJo lui-même, et surtout, la motion de censure pourrait servir BoJo en le présentant comme un martyr face aux députés hostiles à la volonté des Britanniques, celle de quitter l'Union européenne. Dans tous les cas, le Premier ministre peut refuser de démissionner et convoquer des élections au début du mois de novembre. Entre-temps, le Royaume-Uni sera sorti par défaut, sans accord, le 31 octobre.

Pour les députés conservateurs rebellent qui choisiraient de s'allier aux travaillistes pour organiser une sortie de l'UE sans le backstop irlandais ou pire, qui choisiraient eux-mêmes de déposer une motion de censure, ils sont prévenus : le Premier ministre les expulsera du parti conservateur, se disant prêt de fait à sacrifier sa majorité.

La troisième possibilité tient à la renégociation de l'accord de sortie avec les membres de l'Union européenne. Mais dimanche, le négociateur en chef Michel Barnier a exclu catégoriquement cette hypothèse, selon qui il est hors de question de renégocier le filet de sécurité irlandais, dont BoJo souhaite délester l'accord de retrait conclu par l'ex-chef de gouvernement Theresa May. Il reste cependant à BoJo le Conseil européen du 17 et 18 octobre pour brandir une dernière fois la menace d'un no-deal et obtenir un accord remanié, amputé du backstop irlandais.

Enfin, le Premier ministre peut décider de convoquer des élections anticipées. Un pari risqué eu égard à la chute de popularité que BoJo subit actuellement sur le territoire britannique. Mais si le coup de poker fonctionne, un succès électoral lui permettrait de faire pression sur Bruxelles. Un scénario qui n'est pas sans rappeler l'épisode du 8 juin 2017 lorsque Theresa May a perdu la majorité absolue au Parlement après l'organisation d'élections anticipées, malgré plus de vingt points sur les travaillistes de Jeremy Corbyn. To be continued.

 

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