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Boris Johnson, successeur le plus probable de Theresa May ?

Selon une enquête menée auprès de plus d'un millier d'électeurs conservateurs britanniques, l'ex-ministre des Affaires étrangères serait le meilleur candidat pour remplacer l'actuelle Première ministre, qui, selon de nombreux politiques et cadres du pays ne parviendra pas à rester en poste jusqu'au Brexit.
Boris Johnson
Boris Johnson

Theresa May est sur un siège éjectable. Et si la Première ministre semble s'accrocher coûte que coûte à son poste et a même déclaré il y a quelques semaines qu'elle serait désormais "la principale interlocutrice de Bruxelles" dans les négociations sur le Brexit - au lieu du secrétaire d'Etat au Brexit - nombre de financiers, cadres et politiques britanniques prédisent son éviction dans les prochains mois. La Première ministre a d'ailleurs perdu 48 points lors du dernier sondage réalisé par le groupe d'influence A Conservative Home concernant la satisfaction des électeurs conservateurs par rapport aux différents membres du gouvernement. "Tous les membres du gouvernement ont perdu des points lors de l'enquête de juillet. C'est la première fois que cela arrive en dix ans, depuis que nous conduisons ce genre d'enquête", s'étonne A Conservative Home. La dégringolade de Theresa May est particulièrement inquiétante, à huit mois de la sortie du pays de l'UE.

Car la question de son successeur est délicate, tant les conservateurs sont divisés sur la façon de négocier la sortie du pays de l'UE. Et leur plus grande crainte est naturellement la tenue de nouvelles élections, qui pourraient donner la majorité aux travaillistes et entraîner l'arrivée de Jeremy Corbyn à la tête du pays. Qui donc parmi les conservateurs pour remplacer Theresa May, si celle-ci n'achève effectivement pas son mandat ? Selon une autre enquête menée par A Conservative Home auprès de 1.363 adhérents du parti, c'est Boris Johnson qui serait le candidat favori. L'ex-ministre des Affaires étrangères, qui a démissionné fin juin peu après la publication du White Paper détaillant la position de Downing Street sur le Brexit, a presque quadruplé son score en un mois. Alors que début juin, il n'avait obtenu que 8% d'opinion favorables, il est cette fois-ci en tête des candidats jugés les plus aptes à gouverner, avec 30% d'opinion en sa faveur. Soit le même niveau qu'en mars 2016, lorsqu'il avait annoncé qu'il ferait campagne pour le Brexit. Selon les auteurs du sondage, en quittant le gouvernement, Boris Johnson a gagné en liberté d'expression et accru encore sa visibilité sur la scène politique.

L'ex-secrétaire d'Etat au Brexit David Davis, qui a lui aussi démissionné suite à la réunion de Chequers (où Theresa May avait dévoilé son White Paper), a un temps été présenté comme le successeur le plus probable de Theresa May. Mais, selon A Conservative Home, "la plupart des sondés considèrent qu'il est trop âgé pour gouverner, même comme bouche-trou". L'ex-secrétaire d'Etat aura 70 ans en décembre prochain, contre 54 seulement pour Boris Johnson. Ce dernier bénéficie par ailleurs d'une très grande publicité grâce à sa chronique hebdomadaire dans le Daily Telegraph, et sa posture politique très déterminée sur le sujet du Brexit, poursuivent les auteurs de l'enquête. 

Mais pour pouvoir prétendre au siège de chef des conservateurs et être nommé successeur de Theresa May si celle-ci quitte son poste, le candidat doit d'abord figurer sur une short-list de deux personnalités politiques établie par les parlementaires Tories. Or, si Boris Johnson possède une large aura auprès du grand public et des adhérents conservateurs, il fait moins l'unanimité auprès des MPs, dont une grande partie souhaiterait un Brexit pragmatique et permettant au pays de conserver le plus d'avantages possibles. Alors que Boris Johnson défend depuis deux ans un Hard Brexit et a justement quitté le gouvernement parce qu'il jugeait la position de Theresa May trop conciliante à l'égard de l'UE.

Toujours selon le think tank A Conservative Home, le nouveau ministre de l'Intérieur Sajid Javid aurait quant à lui de grandes chances de figurer sur cette short-list. Boris Johnson en tout cas prépare le terrain, et, selon le Telegraph est très présent lors des pots parlementaires et réunions informelles des députés conservateurs, afin de regagner du terrain auprès des élus. Car s'il est nommé par les députés, il a ensuite de fortes chances d'être élu par les adhérents. 

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