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Olly Robbins, l'homme qui murmurait à l'oreille de Theresa May

Si Theresa May a annoncé hier soir qu'elle prenait la direction des négociations avec Bruxelles, et que le ministère du Brexit n'aurait plus qu'un rôle de "suppléant", elle a surtout fait de son sherpa Olly Robbins, le responsable officiel des préparatifs du Brexit. Cet homme de l'ombre, mieux payé que la Première ministre, est le principal instigateur du White Paper dévoilé à Chequers.
Eurostar - Brexit - Londres - Angleterre
Eurostar - Brexit - Londres - Angleterre

Le remplaçant de David Davis au poste de secrétaire d'Etat au Brexit, Dominic Raab n'a certainement pas apprécié le tour de passe-passe annoncé hier par la Première ministre britannique, moins de deux semaines après sa nomination. Theresa May a effectivement indiqué qu'elle prenait le contrôle des négociations avec l'UE sur le Brexit, et que le DExEU (Department for Exiting the EU), dirigé par Dominic Raab donc, n'aurait qu'un rôle de "suppléant". Mais la Première ministre a surtout propulsé son sherpa Olly Robbins comme directeur de l'unité spéciale au sein de son gouvernement, chargée du Brexit. La Première ministre en somme, a préféré renforcer son cabinet en charge du Brexit au sein même de Downing Street, et internaliser tous les préparatifs, plutôt que de passer par le DExEU. Moins médiatisé que David Davis, Olly Robbins est pourtant bien connu de Bruxelles et des diplomates européens, lui qui a été de tous les conseils européens consacrés au Brexit et de toutes les réunions liées aux préparatifs de sortie du pays. 

Ce brillant diplômé d'Oxford âgé de 43 ans a fait ses armes au Trésor, avant d'être nommé secrétaire principal du Premier ministre Tony Blair en 2006 puis de Gordon Brown au début de son mandat. Il devient ensuite conseiller adjoint à la sécurité nationale responsable du renseignement, et de la sécurité sous David Cameron puis exerce au sein du ministère de l'Intérieur comme conseiller. Peu de temps après le référendum sur le Brexit, il est nommé secrétaire permanent du Departement for Exiting the EU. Mais la Première ministre le fait venir au sein de Downing Street à l'automne 2017. Ce fin diplomate et connaisseur des affaires intérieures du pays devient alors le conseiller Europe de Theresa May en charge du Brexit. Décrit comme un acharné de travail, soucieux du moindre détail et capable d'adopter une position d'intermédiaire entre deux parties divergentes, Olly Robbins a donc depuis plus d'un an la lourde tâche de tenter de proposer des solutions concrètes pour faire avancer les négociations sur le Brexit. 

Et alors qu'il oeuvrait jusqu'à présent dans l'ombre, il a désormais été officiellement désigné par la Première ministre hier soir pour "préparer et conduire les négociations sur le Brexit", avec le soutien néanmoins du DExEU. Preuve de la confiance que Theresa May lui accorde au sein de son gouvernement, le quarantenaire est mieux payé que le Première ministre elle-même, selon le Guardian. Sur un an, il a ainsi touché une prime de 20.000 livres, en plus de son salaire annuel de 165.000 livres, quand Theresa May a perçu l'an dernier 152.819 livres ! 

Toujours selon le quotidien britannique, l'un des journaux du pays les mieux informés sur le Brexit, l'ex-sherpa de Theresa May est l'un des principaux rédacteurs du White Paper dévoilé à Chequers il y a quelques semaines. White Paper que les plus ardents Brexiters ont vertement critiqué, estimant que leur pays faisait trop de concessions à l'UE. Olly Robbins est d'ailleurs peu apprécié des MP les plus à droite : en mars dernier, l'ancien député Tories et ex-chef de cabinet de David Davis, Stewart Jackson, avait accusé Olly Robbins de défendre un "Hôtel California Brexit" où le Royaume-Uni ferait le check-out sans jamais quitter l'UE. Le conseiller Brexit n'a en tout cas plus que huit mois devant lui pour trouver un accord avec l'Union européenne, résoudre la question de la frontière irlandaise et celui du futur partenariat économique... 

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