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Politique européenne / Brexit / Michel Barnier / Theresa May

Politique européenne
Brexit / Michel Barnier / Theresa May

Brexit : quand donc Barnier va-t-il proposer quelque chose ?

A huit mois de la sortie du pays de l'UE, alors que Theresa May n'est même pas certaine de trouver une majorité pour faire valider ce qu'elle compte négocier auprès de l'UE, il serait temps que Bruxelles apporte ses propres propositions, afin de débloquer la situation.
Michel Barnier
Michel Barnier

A huit mois de la date de la sortie officielle de la Grande-Bretagne de l'UE, le gouvernement May commence à paniquer de trouver si peu de répondant du côté de Bruxelles. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a donc prié mardi la France et l'Allemagne de s'impliquer afin de convaincre les négociateurs européens de trouver une issue positive aux négociations sur le Brexit. Car, a-t-il affirmé, l'Europe aussi souffrira si aucun accord n'est trouvé d'ici le 30 mars prochain. "La France et l'Allemagne doivent adresser à la Commission le message selon lequel nous avons besoin de négocier une issue pragmatique et positive pour protéger les emplois des deux côtés de la Manche car pour chaque emploi perdu au Royaume-Uni, il y aura des emplois perdus en Europe également si le Brexit se termine mal", a déclaré Jeremy Hunt à l'Evening Standard. 

Un message qui s'adresse aux gouvernements des deux plus gros pays de la zone euro mais auquel le commissaire européen en charge du Brexit ferait bien de prêter oreille. Car sa prétendue fermeté à l'égard de la Grande-Bretagne pourrait in fine se retourner contre l'Europe. Et contre lui, à qui il pourrait être finalement reproché de ne pas avoir su proposer de solution alternative à celles sur lesquelles la Grande-Bretagne s'efforce de travailler depuis des mois. Très souvent, Michel Barnier se contente d'amender les propositions anglaises, d'émettre des conditions et des limites, sans tenter d'apporter d'alternative nouvelle.

La publication du White Paper fin juillet par le gouvernement May, un document d'une centaine de pages où la Première ministre a détaillé ce qu'elle entend négocier d'un point de vue commercial, est le dernier exemple en date de l'attitude de Michel Barnier depuis le début des négociations. "Michel Barnier anéantit les propositions de Theresa May", titrait d'ailleurs le Guardian le 20 juillet dernier. Le commissaire a effectivement déclaré que l'UE ne déléguerait jamais à un Etat tiers la mise en pratique de sa politique douanière et de sa collecte des taxes et de la TVA, après que Theresa May a proposé que son pays continue d'appliquer les règles commerciales de l'UE en matière de biens mais pas de services. 

Par ailleurs, à la suite de la publication du White Paper le commissaire a déclaré que la tentative du gouvernement May, d'aller convaincre les chefs d'Etat un à un cet été "était une perte de temps'", et qu'il ne tolérerait pas que la Grande-Bretagne essaye de passer par-dessus sa tête en obtenant directement l'assentiment des Etats. Il ferait bien dans ce cas de présenter dès septembre un plan B pour faire avancer rapidement les choses. Car dans toute négociation équilibrée, les deux parties doivent présenter leurs feuilles de route. Il est un peu facile de toujours refuser, et d'avoir une attitude si fermée, si rien d'autre n'est mis sur la table. Et la France et l'Allemagne pourraient dans ce cas finir par prendre les négociations en main et passer outre l'autorité de Michel Barnier, comme l'a appelé de ses voeux Jeremy Hunt. 

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