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Politique européenne / Brexit / Michel Barnier

Politique européenne
Brexit / Michel Barnier

Brexit : Michel Barnier ne fait rien avancer !

En déclarant ce matin sur une radio allemande que l'UE se préparait à une sortie de la Grande-Bretagne sans accord, le commissaire en charge du Brexit n'a fait qu'attiser les craintes des investisseurs, au lieu de proposer des solutions constructives, à sept mois de l'échéance.
Michel Barnier
Michel Barnier

La livre était en baisse contre l'euro ce matin après les nouvelles déclarations du commissaire en charge du Brexit sur une radio allemande. "L'Union européenne (UE) doit être prête à tous les scénarios relatifs au Brexit, y compris à un retrait désordonné", a affirmé Michel Barnier, sur les ondes de Deutschlandfunk. La devise britannique, qui avait atteint hier en fin de journée un plus haut de un mois contre le dollar à 1,301 était de nouveau en recul, autour de 1,3 contre le billet vert et de 1,1125 contre l'euro. 

Les déclarations de Michel Barnier ne sont certes pas une surprise, alors que la Commission a publié cet été une série de documents sur les conséquences techniques d'une sortie sans accord et que la Grande-Bretagne elle-même a dévoilé la semaine dernière une dizaine de fiches techniques sur le même sujet. Mais il semble un peu maladroit de diffuser à la radio de tels propos alors que les investisseurs sont déjà fort inquiets du manque de certitudes sur l'issue des négociations à sept mois très exactement de la sortie prévue du pays. 

Surtout, de tels propos ne permettront en rien de faire avancer les discussions, et risquent seulement d'attiser les tensions de part et d'autre de la Manche, particulièrement en Grande-Bretagne où la Première Ministre ne sait plus quelle ligne adopter pour contenter les conservateurs, totalement divisés sur le sujet. L'interview de Michel Barnier devrait donc donner lieu à une nouvelle surenchère des "hard brexiters" de Grande-Bretagne, qui ne manquent jamais de répliquer lorsque Bruxelles s'exprime sur le sujet d'une sortie sans aucun accord. Le secrétaire d'Etat au Brexit Dominic Raab, n'a d'ailleurs pas pu s'empêcher d'affirmer la semaine dernière, lors de la publication des notes techniques, que le pays serait tout de même mieux hors de l'UE sans aucun accord, que dans l'UE. 

A moins de 200 jours de la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE, il est donc temps pour Michel Barnier de proposer des solutions concrètes au pays plutôt que de brandir la menace d'une sortie désordonnée, et d'attendre que le pays mette sur la table des propositions, sur lesquelles les députés conservateurs britanniques ne sont même pas d'accord et qu'ils pourraient retoquer lorsqu'elles seront soumises à leur vote dans les prochaines semaines.

La France en tous cas n'attend visiblement plus grand chose de la part de Bruxelles et du commissaire en charge du Brexit. Et a décidé de prendre les devants : selon des informations du Times, Emmanuel Macron devrait proposer un nouveau type de partenariat entre la Grande-Bretagne et l'UE, lors du conseil européen d'octobre prochain à Salzburg. Selon le quotidien anglais, le projet du président français fonctionnerait sur la base d'une nouvelle structure "en cercles concentriques, avec l'UE au centre et la Grande-Bretagne comme un Etat satellite". 

Michel Barnier, qui doit rencontrer demain Dominic Raab en amont du conseil européen, devrait donc davantage mettre en avant les propositions techniques que l'UE compte défendre auprès de la Grande-Bretagne, afin de donner des gages sur l'avancée des négociations. Car il est désormais plus qu'urgent de présenter des solutions aux différents acteurs économiques, et en particulier au secteur financier. 

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