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Politique européenne / Brexit / Michel Barnier / Theresa May

Politique européenne
Brexit / Michel Barnier / Theresa May

Brexit : Theresa May a jusqu’à demain pour présenter un plan

Michel Barnier a déclaré que l'Union européenne serait prête à accorder un délai supplémentaire à la Grande-Bretagne, mais à condition que la Première ministre fournisse une justification recevable d'ici au sommet. Elle n'a donc plus qu'une journée pour trouver une solution.
Jeremy Corbyn et Michel Barnier
Jeremy Corbyn et Michel Barnier

Donald Tusk s'est certes montré plutôt conciliant la semaine dernière, après que la Première ministre britannique a annoncé qu'elle demanderait un report de l'article 50 jusqu'au 30 juin. Le président du Conseil avait alors affirmé que l'UE serait même prête à accorder un délai d'un an pour éviter que le pays ne renouvelle sa demande de report toutes les trois semaines. Mais Donald Tusk n'est pas l'ensemble des États de l'UE. Et demain, il faudra que les 27 membres se prononcent à l'unanimité sur un éventuel report, pour que celui-ci soit acté.

Or sur le sujet, tous les États ne sont pas d'accord, l'Irlande ou les Pays-Bas dont les liens commerciaux avec la Grande-Bretagne sont les plus importants, étant naturellement favorables au report afin d'éviter un Hard Brexit. Alors que la France est a priori opposée à un report sans plan de sortie défini de la part de la Grande-Bretagne. "Il serait étonnant que l'UE accepte demain un report sans condition, qui remettrait en cause ce à quoi Juncker s'est toujours engagé. Par ailleurs, peu d'États sont favorables à un report sans plan de sortie sous jacent", explique encore René Defossez, stratégiste chez Natixis à Londres.

Le négociateur en chef du Brexit Michel Barnier a d'ailleurs été assez clair sur le sujet ce matin lors d'une conférence de presse pré-sommet : "la longueur de l'extension, ça doit être lié à l'objet, 'pour quoi faire', et ça dépend aussi de ce que Mme May dira demain." Ce qui signifie que Theresa May a vingt quatre heures pour trouver une solution qui tienne la route pour sortir de l'UE. C'est-à-dire une solution qui obtienne l'aval de ses députés. "La seule façon pour Theresa May de faire passer son accord au Parlement sera de trouver un compromis avec le Labour", explique ainsi René Defossez. Or, selon lui les négociations sont au point mort et il est peu probable que Jeremy Corbyn accepte de voter le deal de Theresa May, si elle n'intègre pas de son côté l'idée d'une union douanière. Ce à quoi elle ne semble pas disposée.

Sans accord avec le Labour, la Première ministre n'aura pas grand-chose à présenter demain lors du sommet européen destiné à entériner ou rejeter sa date de report. Il aurait peut-être mieux valu qu'elle se concentre sur les négociations au sein de son parti et avec les députés aujourd'hui, plutôt que d'aller à Berlin ou Paris pour plaider sa cause. Puisque de toutes les façons, les deux capitales ont déjà leur avis sur le sujet du report. D'autant que même si les 27 États acceptent un report court ou long demain, il devra ensuite être validé par les députés britanniques. La Chambre des communes a en effet définitivement adopté hier soir, après le feu vert des Lords, un amendement leur donnant l'autorité pour décider de la durée du report. Le temps est de plus en plus court. La célèbre expression juridique britannique, "Time is of the essence" n'a jamais été autant d'actualité. Car la seule chose dont on peut être certain aujourd'hui, c'est que la Grande-Bretagne sortira sans filet vendredi dans deux jours, si le pays n'a pas trouvé de plan de sortie qui soit accepté par les députés et par les 27 États. 

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