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Brexit / Theresa May / Michel Barnier
Brexit : Corbyn à la rescousse de Michel Barnier ?
Theresa May va une nouvelle fois devoir affronter ses députés ce soir, en leur demandant de soutenir une énième motion du gouvernement. Motion selon laquelle la Première ministre "poursuit les discussions sur le filet de sécurité irlandais avec Bruxelles" et "a pris en compte la façon dont Westminster souhaite sortir de l'UE, exprimée lors du vote du Parlement le 29 janvier dernier". Bref une façon pour la Première ministre de s'assurer que les députés sont d'accord avec ce qu'elle essaye d'obtenir de l'UE sur le backstop irlandais, tout en leur garantissant qu'elle a entendu leur requête, de ne pas sortir de l'Union sans accord. Selon la presse du pays, cette motion, que les députés sont autorisés à modifier, devrait une fois encore être vidée de son contenu, et remplacée par de nouvelles propositions émanant des différentes tendances politiques du Parlement. Au risque de brouiller encore davantage la voix de la Grande-Bretagne face à une Union européenne, de plus en plus exaspérée des atermoiements britanniques.
Dans ce contexte, la visite de Jeremy Corbyn à Bruxelles la semaine prochaine, en parallèle de celle de la Première ministre, pourrait paradoxalement permettre de débloquer la situation et renouer le dialogue avec l'UE. Un temps redouté par les 27, qui craignaient que le leader travailliste ne choisisse l'option du blocage systématique et précipite des élections anticipées, dans l'espoir d'être lui-même élu pour remplacer Theresa May, la voix de Jeremy Corbyn a finalement trouvé un écho plutôt favorable à Bruxelles.
Le chef de l'opposition a déclaré qu'il serait prêt à soutenir l'accord sur le Brexit de Theresa May, à condition que celle-ci accepte de revoir sa position concernant l'avenir des relations commerciales entre la Grande-Bretagne et l'UE. Le Labour en somme défend une union douanière permanente et complète à l'échelle du Royaume-Uni, un alignement étroit sur le marché unique et la protection des normes et des droits des travailleurs. Jeremy Corbyn devrait également défendre auprès de Bruxelles son souhait que les engagements concernant la participation aux agences de l'UE, les programmes de financement et les arrangements en matière de sécurité, tels que le mandat d'arrêt européen, figurent dans l'accord.
Si l'UE voit plutôt d'un bon oeil les propositions de Jeremy Corbyn, il y a pourtant peu de chances pour que la Première ministre accepte de revoir sa propre déclaration politique concernant l'avenir des relations commerciales de la Grande-Bretagne avec l'UE et qui accompagne le texte du compromis de novembre. Theresa May a plusieurs fois déclaré qu'elle ne souhaitait pas que son pays reste dans l'union douanière, au risque sinon d'aller à l'encontre de la volonté du peuple anglais. A ce titre, les amendements qui seront votés ce soir à Westminster, seront un bon indicateur des marges de manoeuvre dont la Première ministre dispose encore. Elle s'était engagée auprès de Bruxelles à obtenir une majorité au Parlement, si les 27 acceptaient de revoir leur définition du backstop irlandais (pour qu'il soit limité dans le temps). Elle perdrait toute crédibilité auprès de l'UE si sa motion était de nouveau rejetée ce soir. Et renforcerait la position de Bruxelles, qui a pour l'instant déclaré qu'aucune négociation ne serait rouverte sur le mécanisme de sauvegarde. Theresa May pourrait dans ce cas reconsidérer l'option d'union douanière, défendue par Jeremy Corbyn...
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