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Politique européenne / Brexit / Theresa May / Boris Johnson

Politique européenne
Brexit / Theresa May / Boris Johnson

Brexit : Boris Johnson bientôt à Downing Street ?

Boris Johnson, un temps considéré comme trop clivant au sein de son parti, pourrait finalement l’emporter pour reprendre la tête des Tories lorsque Theresa May quittera son poste, après le quatrième "meaningful vote" début juin. Une stratégie politique pour récupérer les déçus conservateurs partis vers le nouveau parti de Nigel Farage ?
Boris Johnson
Boris Johnson

La Première ministre britannique a donc enfin donné la date de son départ de Downing Street. Hier, devant le "comité 1922", le groupe parlementaire des élus conservateurs, Theresa May a ainsi annoncé qu’elle soumettrait le texte de l’accord sur le Brexit au vote de Westminster, lors de la première semaine de juin. Et qu’elle quitterait son poste quel que soit le résultat, après cette dernière tentative. C’est la quatrième fois que la Première ministre présentera cet accord (déjà soumis au vote des MPs les 15 janvier, le 12 mars et le 29 mars), qu’elle était parvenue à obtenir à l’arraché après des mois de négociations avec l’UE, en novembre dernier. Depuis lors, l’UE n’a cessé de répéter que le texte n’était pas modifiable, notamment sur le "backstop irlandais", malgré les nombreuses revendications des élus. Qui ne sont donc jamais parvenus à trouver un consensus sur le sujet, conduisant leur Première ministre à repousser la date de sortie de l’UE à deux reprises.

Selon les experts politiques du pays, il est très peu probable que les députés ratifient le texte dans dix jours, alors que les négociations entre Theresa May et Jeremy Corbyn pour tenter de trouver un compromis viennent de capoter. Le leader du Labour a ainsi annoncé ce matin avoir rompu les négociations sur le Brexit avec le gouvernement May. Or, seule une alliance entre les deux partis aurait permis à la Première ministre d’obtenir une majorité à Westminster.

Depuis que la Première ministre a perdu la majorité à Westminster en juin 2017, après avoir fait le pari loupé d’élections anticipées, il était quasiment acquis qu’elle ne resterait pas en poste. Mais elle aura finalement résisté beaucoup plus longtemps que prévu, malgré la pression de plus en plus forte des membres de son propre parti et de son gouvernement pour qu’elle quitte le navire. Pas moins de 36 ministres auront ainsi démissionné depuis les élections anticipées de 2017, en raison de leur désaccord avec la tournure prise par les négociations sur le Brexit.

La Première ministre partie, la priorité pour le pays sera de lui trouver un remplaçant, et le plus rapidement possible. Car le pays a jusqu’au 31 octobre pour parvenir à un accord de sortie de l’UE, qui convienne à une majorité de députés. Sans consensus sur le sujet, la Grande-Bretagne n’aura plus d’autre choix que de quitter l’Union européenne sans filet. Aboutissant au "Hard Brexit" tant redouté par les élus conservateurs modérés et par une majorité de travaillistes.

Selon la procédure en règle au sein du parti conservateur, la démission de Theresa May devrait donner lieu à de nouvelles élections internes, qui se dérouleront en deux étapes. Les députés tories devront tout d’abord se prononcer sur le nom de deux finalistes. Les adhérents devront ensuite voter pour leur favori, par voie postale. C’est donc lui qui deviendra le nouveau leader conservateur et le Premier ministre. Pour Theresa May, la procédure avait été encore plus rapide puisqu’elle s’était retrouvée unique candidate en liste, après la défection de tous les autres concurrents. Les adhérents n’avaient donc même pas eu à se prononcer.

Plusieurs candidats sont sur les rangs pour lui succéder. Parmi les plus connus et les plus en vue figurent notamment Dominic Raab, l’actuel secrétaire d’État au Brexit et Michael Gove, l’un des parlementaires les plus fidèles à Theresa May. Il s’était notamment fait remarquer pour son coup de poignard dans le dos auprès de Boris Johnson, dont il devait mener la campagne pour succéder à David Cameron en juin 2016, avant de décider de se présenter lui-même comme candidat à la tête du parti conservateur. Jeremy Hunt, ministre des Affaires étrangères depuis la démission de Boris Johnson est aussi en bonne place pour reprendre le siège de la Première ministre. Mais le grand favori - du moins auprès de l’opinion publique - est bien entendu l’ex-maire de Londres, Boris Johnson.

Selon l’hebdomadaire conservateur The Spectator, l’un des mieux informés sur la vie politique britannique, si Boris Johnson parvient à être parmi les deux finalistes, il est quasiment certain de l’emporter auprès des électeurs tories. L'ancien maire jouit d'une très grande popularité auprès de la base conservatrice, qui estime qu'il est le seul à tenir tête à Bruxelles. Toute la difficulté pour lui sera de convaincre une majorité de députés conservateurs. Car il s’est de fait mis à dos une grande partie des conservateurs modérés en faisant campagne pour le Brexit en 2016. Et il a ensuite déçu les députés "brexiters" en décidant à la dernière minute de ne pas postuler pour le poste de Premier ministre après la victoire du "Leave" lors du référendum de juin 2016, et la démission de David Cameron.

Mais selon le Spectator, il a depuis repris de l’envergure, à la fois en adoptant une position de fermeté vis-à-vis de l’UE lorsqu’il occupait le poste de ministre des Affaires étrangères au sein du gouvernement May. Mais aussi parce qu’il pourrait constituer l’unique option pour permettre aux conservateurs de récupérer les électeurs déçus, ayant massivement rejoint le nouveau parti du Brexit de Nigel Farage. Rappelons que ce dernier est crédité de plus de voix que travaillistes et conservateurs réunis pour les élections européennes de jeudi prochain. En cas d’élections générales, les conservateurs sont donc bien conscients qu’ils pourraient s’effondrer au Parlement s’ils n’ont pas d’ici là choisi un leader plus ferme et déterminé sur le Brexit. Ce que Boris Johnson serait le plus à même d’incarner…

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