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Macro-économie / Taux / Brexit / Boris Johnson / Hard Brexit

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Brexit / Boris Johnson / Hard Brexit

Ce que Boris Johnson n'a pas révélé au peuple britannique

Alors que Boris Johnson est sur le point d'être élu Premier ministre du Royaume-Uni, il n'aura pas joué franc jeu lors de sa campagne électorale, dissimulant l'impact récessionniste qu’aurait un "hard Brexit" au mois d’octobre.    
Boris Johnson
Boris Johnson

La course à la succession de Theresa May s’est achevée hier soir lors du vote des membres du parti conservateur. Alors que l’on connaîtra le nom du vainqueur dans le courant de la journée, rien ne semble pouvoir s’opposer à la victoire de Boris Johnson, pas même le scepticisme du camp europhile qui multiplie les interventions au moment où "BoJo" menace plus que jamais de claquer brutalement la porte à l’Union européenne.

Pourtant l’ex-maire de Londres a toujours été un chaud partisan d'une sortie sans accord de l’Union Européenne. Si d’un point de vue politique il s’est lancé à corps perdu dans un débat d’idées afin de devenir le locataire du 10 Downing Street, il s’est en revanche bien gardé d’évoquer les conséquences économiques qu’engendrerait un "hard Brexit".

Un choix irresponsable pour beaucoup, d'autant qu’un véritable consensus se forme au sein des organismes économiques britanniques concernant l’impact récessionniste qu’aurait un Brexit désordonné au mois d’octobre. Après l'Office for Budget Responsibility (OBR) la semaine passée, c’est le National Institute of Economic and Social Research (NIESR) qui a publié hier son rapport sur les projections de l’économie anglaise. Et le constat est cinglant, les auteurs mentionnent que les perspectives de croissance sont "lourdement orientées à la baisse" avec une probabilité de 25 % que l’économie britannique soit déjà en contraction lors du second trimestre de cette année. Si la tendance se poursuit, jusqu’en décembre, le Royaume-Uni signera trois semestres consécutifs de contraction, ce qui officialise techniquement une récession économique.

Le scénario catastrophe d’une sortie de l’Union sans discussion est plausible et conduirait à une récession persistante jusqu’en 2020 selon le NIESR. Dans cette perspective, les entreprises continueraient de s'abstenir d'investir en raison de la forte incertitude persistante quant à leurs relations commerciales futures. Cela obligerait la banque centrale à intervenir au moyen de politique monétaire accommodante, ce qui dévaluerait la Livre Sterling et propulserait l’inflation bien au-dessus de sa cible avec un pic potentiel de 6,5 %. Si toutefois Boris Johnson se montrait plus sage et acceptait un Brexit avec accord, le pire serait évité. La croissance serait positive de l’ordre de 1 % sur les deux prochaines années pour l’économie britannique. La fragilité de cette dernière resterait cependant notoire due à la faible hausse de la productivité et aux séquelles du Brexit qui continuerait de freiner l’investissement.

Dans un dernier scénario - peu probable - où les partisans du maintien dans l’Union s’illustreraient avec une victoire lors d’un second référendum, les perspectives s’éclairciraient nettement. Le NIESR prévoit une embellie de la croissance à 1,75 % en 2020 et à plus de 2 % en 2021. Les autres indicateurs seraient tout aussi performants avec un marché du travail qui resterait au plein-emploi et une inflation qui se maintiendrait proche de sa cible.

En outre un certain relâchement des finances publiques semble inévitable. Qu’importe le scénario, les emprunts du secteur public dépasseront 2 % du Produit intérieur brut. Une prévision décevante pour le gouvernement, lui qui se félicitait d’atteindre en mars dernier son niveau de déficit le plus faible depuis dix-sept ans. Si lors de sa campagne le probable nouveau Premier ministre, Boris Johnson, s'est bien gardé de révéler les dégâts que pourraient avoir ses choix politiques et économiques, l’heure est venue de les assumer.

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