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Politique européenne / Hard Brexit / Japon

Politique européenne
Hard Brexit / Japon

La mort de l'industrie allemande ?

En l'absence d'accord signé avec les Britanniques, l'Allemagne s'inquiète des conséquences sur le pays et sur son économie en particulier… Sachant que l'industrie allemande est en chute libre : le pays a publié ce matin des commandes manufacturières en recul de plus de 4%.
Berlin - Allemagne
Berlin - Allemagne

"En cas de Brexit dur, l'Allemagne est menacée de récession", prévient le Spiegel. Plus que jamais, la presse allemande observe avec inquiétude les rebondissements outre-Manche et s'inquiète des conséquences pour sa propre économie. "Si la Grande-Bretagne se sépare sans accord de l'UE, l'économiste Clemens Fuest prédit des conséquences lourdes pour l'Allemagne et plaide pour une nouvelle transition de deux ans", explique le site de l'hebdomadaire, qui s'appuie sur une interview du chef de l'institut IFO, accordée à la radio Deutschlandfunk. "Si le pire scénario devient réalité, cela pourrait s'agir de la goutte d'eau qui fait déborder le vase", a prévenu Clemens Fuest. "Cela pourrait entraîner le fait que nous passions d'une croissance faible à un léger recul de l'économie. Et on appellerait cela une récession", a-t-il ajouté. À court terme, cela ne devrait cependant pas avoir d'impact sur le marché du travail. Cependant, Clemens Fuest met en garde contre la panique : rien n'est certain pour le moment. Il conseille de prolonger la période de négociations, quitte à aller jusqu'à 2 ans encore.

Mais pour le président de la BDI, les plans autour du Brexit pèsent d'ores et déjà sur les entreprises allemandes. "Une entreprise allemande sur quatre travaillant avec la Grande-Bretagne devrait supprimer des emplois en cas de Brexit", a annoncé le représentant de l'industrie, selon la Sueddeutsche Zeitung. "12 % de ces entreprises, en cas de Brexit sans accord, se tourneraient vers d'autres pays de l'UE", précise le quotidien. Le syndicat table sur une baisse des entrées de l'ordre de 17 milliards d'euros sur l'année, en cas de Brexit dur.

Mais jamais à court d'idées, les Allemands se tournent déjà vers de nouveaux partenaires. La presse évoque ainsi l'accord de libre-échange Jefta, avec le Japon. Le Spiegel prévient : "l'intérêt de l'économie allemande envers le Japon croît." Depuis deux mois, rappelle l'article, on trouve, entre l'UE et le Japon, la plus grande zone de libre-échange. "L'économie allemande en tire un premier bilan positif, même si l'économie japonaise menace de faiblir", tempère le site de l'hebdomadaire.

Le Handelsblatt s'intéresse quant à lui à la stratégie industrielle du ministre de l'Économie Peter Altmaier, "attaquée". Il veut "rendre l'Allemagne plus compétitive. Mais les projets d'Altmaier se heurtent à des résistances". Le ministre est conscient d'avoir obtenu "de nombreuses critiques constructives des autres pays de l'UE", "quelques applaudissements en France" et "parfois de la résistance vive en Allemagne, principalement au sein de son propre parti". Sa stratégie, à l'horizon 2030, est d'avoir "plus de champions européens" pour rester compétitifs par rapport à la Chine et les États-Unis, rappelle le Handelsblatt. Au sein même de la chancellerie, le ministre fédéral de la CDU Helge Braun s'inquiète de la nécessité de voir des fusions positives pour les salariés et les clients allemands. Et défend aussi les moyennes entreprises, qui sont selon lui "la force de l'Allemagne".

Une nouvelle stratégie industrielle et commerciale est d'autant plus nécessaire que le secteur manufacturier du pays est en chute libre depuis la fin de l'année dernière. Les ventes industrielles se sont effondrées, à la fois en raison de la mise en place de nouvelles normes automobiles, que le secteur avait mal anticipées, et à cause du ralentissement du commerce mondial, qui a pesé sur les commandes du pays. Ce matin encore, l'Allemagne a dévoilé une chute de ses commandes industrielles, de 4,2% au mois de février, soit la plus forte baisse en deux ans. Si la demande intérieure a chuté de 1,6% seulement, les commandes étrangères se sont en revanche effondrées de 6%. "Ces données exécrables sapent tout espoir de rebond de l'industrie cette année. Au lieu de cela, l'effondrement du carnet de commandes vient de franchir un nouveau palier", a déclaré Carsten Brzeski, économiste en chef allemand chez ING.

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