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Politique économique / Brexit / Boris Johnson

Politique économique
Brexit / Boris Johnson

La tragédie du Brexit se poursuit

C'est la troisième fois qu'un ministre est sur la sellette depuis que les Britanniques ont voté majoritairement pour une sortie de leur pays de l'Union européenne.
Boris Johnson
Boris Johnson

La promesse initiale de David Cameron de renégocier la relation du Royaume-Uni avec l'Union européenne est un boulet aux pieds de tous les Premiers ministres qui l'ont suivi, en plus d'avoir déstabilisé sérieusement son pays, et ébranlé le Continent.

Theresa May finit rapidement par admettre la longue et difficile procédure de re-négociation des termes, avant d'avouer son intention de quitter la direction du Parti conservateur au mois de mai. En tant que Première ministre, elle continue de gérer les affaires courantes jusqu'au 24 juillet 2019, le lendemain de l'annonce des résultats de l'élection à la direction du Parti conservateur. C'est Boris Johson qui lui succède. 

Aujourd'hui, mardi 24 septembre et exactement deux mois après son élection, c'est encore un événement inhabituel qui vient de se produire puisque la Cour suprême britannique - l'équivalent du Conseil d'Etat français - a jugé que la proposition de Boris Johnson à la reine de suspendre le Parlement pour cinq semaines, au plus fort de la crise du Brexit, était illégale, nulle et sans effet. Ce qui implique plusieurs choses.

D'abord, la décision sans bavures, lue par la présidente de la Cour Brenda Hale, entraîne que le Parlement siège à nouveau "dès que possible". Ensuite, c'est bien toute la crédibilité de Boris Johnson qui est remise en cause, et sa connaissance du système politique et législatif dans lequel il agit. Surtout, le libellé du jugement est exceptionnellement clair et direct. Tout en affirmant la suprématie absolue du Parlement sur le gouvernement ou l'exécutif, elle marque également un moment important pour assurer que le pouvoir judiciaire jouit d'une position renforcée dans la constitution non écrite du Royaume-Uni. Enfin, le Parlement de nouveau en action pourrait engager un vote de défiance contre BoJo ou bien renforcer l'injonction au gouvernement d'exclure une sortie de l'Union sans accord.

Et pourtant, Boris Johnson qui se trouve actuellement à New-York pour l'Assemblée générale des Nations Unies, obstiné par son idée fixe de vouloir absolument suspendre les travaux parlementaires, n'a pas écarté l'idée de défier la décision hostile de la plus haute autorité judiciaire du Royaume-Uni, se disant prêt à suspendre à nouveau le Parlement. Côté opposition, Jeremy Corbyn appelle le Premier ministre à démissionner sans plus attendre, se joignant de fait à la Première ministre d'Écosse dont le cabinet a suivi avec attention la prise de parole de Brenda Hale. Pour autant, les sondages restent étonnamment très favorables à BoJo puisque les conservateurs sont donnés gagnants des prochaines législatives avec 32 à 35 % d'intention de vote contre 22 à 25 % pour le parti travailliste.

Le Royaume-Uni, depuis plusieurs mois, semble ne pas savoir gérer le dossier épineux du Brexit. Les troubles politiques majeurs que connaît le Royaume-Uni fait également ressurgir d'ancienne blessures pour les britanniques (frontière avec l'Irlande du Nord, indépendance de l'Ecosse), qui n'ont certainement pas anticipé toutes les conséquences du "leave". Pour l'heure, Boris Johnson, chantre du populisme européen avec ses alliés Salvini et, outre-Atlantique, Trump, doit sauver sa crédibilité politique, ou ce qu'il en reste. Raison pour laquelle il est prêt à affronter la plus haute juridiction de la couronne britannique. Au risque de fracturer un peu plus sa majorité et d'enfoncer, à nouveau, l'Angleterre dans un marasme politique dont on peine, pour l'heure, à voir quelle pourrait être l'issue positive. 

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