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La Fed desserre l'étau autour des banques
La Réserve fédérale américaine (Fed), vient d’annoncer une réforme concernant les exigences de fonds propres et de liquidités pour les banques, confirmant donc l'allégement de la réglementation souhaité par l'administration Trump et le Congrès. A noter que les huit banques les plus importantes des États-Unis que sont Bank of America, Bank of New York Mellon, Citigroup, Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Morgan Stanley, State Street and Wells Fargo ne sont que peu concernées par la réforme en raison du risque systémique qu’elles représentent. Si elles devront toujours passer des tests de résistances annuels, elles devront en revanche soumettre des "testaments", un document organisant la liquidation ordonnée d'un établissement financier en faillite, tous les quatre ans, contre tous les ans précédemment.
Le reste des établissements, dont les actifs sont inférieurs à 700 milliards de dollars, obtiennent un allégement des exigences de fonds propres et d'actifs liquides et ce sont les banques disposant de moins de 250 milliards de dollars d’actifs qui profiteront le plus de ces nouvelles modifications. Les "testaments" ont souvent fait l’objet de plaintes de la part des banques car cela demande un travail conséquent de leur part. Aussi, elles devront les soumettre désormais tous les trois ans. Ces mesures impliquent des montants plutôt significatifs pour les banques moyennes. En effet, la baisse des exigences de fonds propres de 0,6 % représente, d’après les estimations de la Fed, environ 11,5 milliards de dollars au total. La baisse de 2 % concernant le niveau requis d’actifs liquides, représente, lui, 53 milliards de dollars. Jerome Powell a défendu cette réforme en déclarant que : "Toutes ces règles conservent de strictes exigences pour les établissements les plus importants et les plus complexes parce qu'ils présentent les risques les plus significatifs pour notre système financier et notre économie [...] Les établissements prenant moins de risques vont voir leur fardeau réglementaire s'alléger."
Par ailleurs, une voix dissonante s’est élevée contre cette réforme. Lael Brainard, membre du Conseil des gouverneurs, a voté contre ces mesures, estimant qu'elles allaient au-delà du projet initial, celui voté par le Congrès en 2018. Lael Brainard reconnaît qu'il est pertinent que les "testaments" soient soumis tous les trois ans pour les banques moyennes. Mas selon elle, les autres mesures vont accroître les risques afférents à la stabilité financière et elle regrette que : "Les garde-fous mis en place depuis la dernière récession n'auront pas pu être testés sur l'entièreté du cycle économique." Il est vrai que ces nouvelles mesures vont adoucir la loi Dodd-Frank votée en 2010, conçue pour éviter une autre crise financière. Ces futures règles prudentielles entreront en vigueur soixante jours après que les autres instances de régulation, telles que la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) qui assure les dépôts jusqu'à 250.000 dollars, auront voté leur approbation.
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