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Macro-économie / Taux / fmi / Kristalina Georgieva

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fmi / Kristalina Georgieva

Le FMI détaille son cap

En marge de ses réunions d’automne annuelles, le Fonds monétaire international a fait savoir qu’il avait cinq priorités par l’intermédiaire de sa directrice générale, Kristalina Georgieva.
Kristalina Georgieva (Crédits : DR)
Kristalina Georgieva (Crédits : DR)

Le FMI détaille le cap qu'il compte suivre et donne ses cinq priorités en fonction de l'environnement macroéconomique mondial. En premier lieu, l'institution entend trouver une solution durable pour enforcer le système commercial. Le multilatéralisme est en effet sous le feu des critiques par nombre de pays, cristallisées par le comportement néfaste de Donald Trump vis-à-vis des instances internationales. Kristalina Georgieva, la directrice générale du FMI, se dit cependant "encouragée" par les annonces faites la semaine dernière par les États-Unis et la Chine mais reste "lucide" car le plus dur reste à faire. En effet, cet accord ressemble davantage à une trêve qu’à une véritable relance des relations commerciales entre les deux mastodontes économiques. Aussi, la directrice générale du FMI ne s’y trompe pas  et souhaite transformer cette "trêve commerciale" en "paix commerciale".

La politique monétaire est la deuxième priorité du Fonds monétaire international. Depuis une décennie, nombre de banques centrales se sont lancées dans des politiques toujours plus accommodantes pour soutenir une croissance très affectée par la dernière récession mondiale. Cependant, un consensus semble émerger dernièrement tant dans le milieu académique que parmi les décideurs sur les limites desdites politiques. "Nous ne pouvons ignorer les risques de stabilité financière liés aux taux bas prolongés" explique Kristalina Georgieva. De fait la stabilité financière est mise en péril par l’apparition de prises de risque excessives qui conduisent à des bulles sur certaines classes d’actifs, et qui lorsqu’elles se dégonfleront, pourrait avoir des conséquences lourde pour l’ensemble. Par ailleurs, les taux très bas voire négatifs impactent, entre autres, la productivité selon certaines études.

C’est pourquoi la troisième priorité qu’est la politique budgétaire doit faire son entrée en piste selon l'institution de Washington. La politique budgétaire doit venir au secours de la politique monétaire en raison des signes d'essoufflement de la première. Le Gouverneur de la Banque centrale européenne Mario Draghi lui aussi, serine à longueur de conférence de presse que la politique budgétaire doit venir en complément d'une politique monétaire déjà très expansionniste. Cela permettra de doper les effets positifs des taux d'intérêt très bas tout en atténuant leurs effets négatifs. Cependant, les décideurs favorables à un nouveau policy-mix s'appliquent à rappeler que cette politique budgétaire expansionniste ne peut être conduite que par certaines économies, celles possédant les marges de manœuvre nécessaires. Le Fonds ne dit pas autre chose : "Avec un niveau d'endettement mondial record, ces conseils ne fonctionneront pas partout."

Ces marges de manœuvre ne sont pas toujours nécessaires pour mener à bien la quatrième priorité du FMI. Ce dernier s'alerte de l'effondrement des gains de productivité dans les économies avancées qui fait dire à Kristalina Georgieva que ce ralentissement de la productivité "appelle à des mesures pour parvenir à une croissance plus forte, plus inclusive et plus résiliente à moyen et long terme". Pour y remédier, elle évoque la participation des femmes au marché du travail qu'il faut grandement accompagner et accélérer. Par ailleurs, elle appelle également à lutter contre la réglementation excessive et plaide pour plus de simplicité administrative.

Enfin, Kristalina Georgieva souhaite "promouvoir une coopération internationale plus étroite, qui va bien au-delà du commerce". Elle cite entre autres la réforme de la réglementation financière mais aussi la lutte contre le blanchiment d'argent. Deux problématiques qui n'ont que faire des frontières nationales et qui doivent faire émerger une volonté de coopération entre toutes les économies du monde qui y ont, pour la plupart, tout à y gagner.

 

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