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Vers « une nouvelle guerre froide » ? / La directrice générale du FMI lance un appel à l’unité
À contre-courant des velléités protectionnistes ambiantes, alimentées par des tensions géopolitiques croissantes, le Fonds monétaire international (FMI) appelle en ce début d’année 2023 à davantage de coopération internationale, alors que le monde se fragmente chaque jour un peu plus en "blocs économiques rivaux". Cette logique de confrontation que décrit l’institution de Washington, qualifiée "d’erreur de politique collective" par sa directrice générale, Kristalina Georgieva, pourrait coûter très cher à notre économie mondialisée.
Une facture salée
Jusqu’à présent, les études les plus récentes à ce sujet estimaient le coût de la seule fragmentation des échanges entre 0,2 % de la production mondiale pour les plus optimistes et jusqu’à 7 % pour les plus pessimistes, voire 12 % en tenant compte du découplage technologique. Pourtant, selon une nouvelle analyse du FMI, l’impact total serait plus important encore, selon le nombre de canaux de fragmentation pris en compte (restrictions commerciales, obstacles à la diffusion de la technologie, réductions des flux de capitaux, etc.), sans pour autant préciser l’horizon temporel.
Le FMI prédit des conséquences désastreuses si rien n’est fait pour enrayer le phénomène. "Les consommateurs à faible revenu des économies avancées perdraient l'accès aux biens importés moins chers. Les petites économies de marché ouvertes seraient durement touchées. La majeure partie de l'Asie souffrirait en raison de sa forte dépendance à l'égard du libre-échange", indique Kristalina Georgieva. "Au lieu de rattraper les niveaux de revenu des économies avancées, le monde en développement prendrait encore plus de retard", insiste-t-elle.
Le triptyque commerce, dette, climat
Tout serait-il donc déjà perdu d’avance ? Pas si l’on en croit Kristalina Georgieva, qui prône une "approche pragmatique" basée sur trois piliers : le commerce, la dette et l’action climatique. Alors que cette année le commerce international devrait croître à un rythme inférieur que celui du PIB mondial pour la première fois en 25 ans, la Bulgare incite les pays à conclure davantage d’accords commerciaux de libre-échange, sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Elle estime également nécessaire pour les économies de renforcer et diversifier leurs chaînes d’approvisionnement afin de prévenir toutes perturbations, qu’elles soient alimentaires ou énergétiques, comme les récents évènements ont pu le démontrer.
La directrice générale du FMI insiste en outre sur la nécessité d’aider les pays vulnérables à faire face à la dette. Même si elle reconnaît des progrès, Kristalina Georgieva souligne également qu’" environ 15 % des pays à faible revenu sont déjà surendettés et 45 % supplémentaires sont exposés à un risque élevé de surendettement". Elle souhaite, pour cela, développer et améliorer les processus de restructuration de la dette afin de les rendre "plus courts et plus prévisibles" pour les économies en difficulté.
Finalement, le dernier volet, mais pas des moindres, consiste à intensifier collectivement l’action climatique. L’institution de Washington rappelle qu’en 2022, rien qu’aux États-Unis, le dérèglement climatique aurait coûté la bagatelle de 165 milliards de dollars. Si la COP 27 a permis l’année dernière d’officialiser la création d’un fonds pour les pertes et dommages pour les pays vulnérables, la communauté internationale s’attaque toujours trop peu à la limitation des émissions polluantes en elles-mêmes.
L’espoir reste tout de même encore permis. "Les discussions de Davos constituent un signe d'espoir que nous pouvons aller dans la bonne direction et favoriser une intégration économique qui apportera paix et prospérité à tous", s’enthousiasme Kristalina Georgieva dans une ultime envolée lyrique. Davos ? Pas sûr que ce soit la solution à tous nos problèmes.
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