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Macro-économie / Taux / fragmentation / Organisation mondiale du commerce

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L’OMC met en garde contre la fragmentation / Beaucoup de pays ont à y perdre

Face au risque de désintégration commerciale encouru par l’économie planétaire, l’Organisation mondiale du commerce tire la sonnette d’alarme. Dans un rapport, elle présente les retombées qu'elle aurait notamment en termes de divergence économique entre pays.
Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce - OLIVIER DOULIERY / AFP
Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce - OLIVIER DOULIERY / AFP

La fragmentation est une menace que le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) prennent de plus en plus au sérieux. Alors que cette dernière observe un nombre croissant de mesures commerciales prises de manière unilatérale par ses membres (restrictions à l’importation ou à l’exportation), elle s’inquiète des conséquences à terme pour le commerce mondial.

Il faut dire que le nombre de différends portés devant l’OMC a été multiplié par quatre entre 2016 et 2022. "Si elle n'est pas maîtrisée, cette tendance pourrait finir par fragmenter l'économie mondiale", a averti Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce. "La "polycrise" dans les domaines de la géopolitique, de la santé publique, de l'environnement et de l'économie a conduit de nombreuses personnes à affirmer que la mondialisation expose les pays à des risques excessifs. Ils affirment qu'une plus grande indépendance économique - plutôt qu'une interdépendance - servirait mieux le bien-être de leurs électeurs ", a expliqué Ngozi Okonjo-Iweala.

Dans leur nouveau rapport, les équipes de l’organisation basée à Genève mentionnent plusieurs effets que pourrait avoir la fragmentation. Si elle peut "accroître la croissance et réduire les inégalités de revenus dans certaines économies, elle peut aussi, à terme, entraîner une baisse des revenus des pauvres comme des riches au niveau mondial, ce qui se traduit par une augmentation de la pauvreté et une exacerbation des inégalités entre les économies", est-il écrit dans le rapport. En outre, cela peut également conduire à des perturbations sur le marché du travail en affectant de manière disproportionnée les possibilités d'emploi, la sécurité de l'emploi et le niveau de revenu des travailleurs moins mobiles lorsqu'il s'agit de trouver un nouvel emploi ou de s'adapter aux nouvelles exigences de l'emploi, en réponse aux changements économiques.

L’OMC a mobilisé ses modèles pour étudier quel impact aurait une fragmentation géopolitique sur le commerce et l’économie mondiale selon plusieurs scénarios. L’un, nommé "rivalité totale" fait l’hypothèse que toutes les économies s'alignent soit sur un bloc commercial autonome oriental, soit sur un bloc occidental, en imposant des barrières commerciales plus élevées à l'autre bloc. L’autre, appelé "rivalité partielle" suppose que certaines économies en développement et tous les pays les moins avancés (PMA) restent neutres et n'imposent pas de coûts commerciaux plus élevés à l'un ou l'autre bloc.

Dans le premier scénario, il ressort que les économies en développement et les PMA devraient être les plus durement touchées, subissant une perte cumulée moyenne d'environ 6,5 % du PIB d'ici 2050 par rapport à 2019, tandis que les économies développées perdraient environ 3 % du PIB entre 2020 et 2050. "Une fragmentation géopolitique à grande échelle conduirait probablement à une divergence économique mondiale persistante", soulignent ainsi les économistes de l’OMC.

En prenant en compte le second jeu d'hypothèses, l'impact sur le PIB varierait selon les groupes de revenus, avec une perte moyenne de 2,8 % en 2050 par rapport à 2019. Le PIB des économies en développement et des économies développées diminuerait respectivement de 3,1 % et 3,5 %, tandis que les PMA connaîtraient une augmentation moyenne de leur PIB de 1,9 %. "Bien que les PMA puissent tirer profit du non-alignement, la croissance de leur PIB ne permettrait pas d'atteindre une convergence économique mondiale significative en raison d'une diffusion des connaissances et d'une croissance de la productivité limitées à long terme", pointe l'OMC.

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