WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / Organisation mondiale du commerce / Conflit Russo-ukrainien

Macro-économie / Taux
Organisation mondiale du commerce / Conflit Russo-ukrainien

ukraine Comment le conflit russo-ukrainien contrarie le commerce mondial

UKRAINE. Sa croissance pourrait être jusqu’à deux fois moins rapide qu’initialement escompté cette année, d’après une note publiée par l’Organisation mondiale du commerce.
Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce - Damien Grenon / Photo12 via AFP
Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce - Damien Grenon / Photo12 via AFP

L’on pouvait s’en douter, elle ne s’en sortira pas sans dommage. La dynamique du commerce mondial va se trouver affaiblie par le conflit opposant la Russie et l’Ukraine. Cette année, la croissance des échanges de biens et services à travers le monde devrait être grevée de 1,7 à 2,4 points de pourcentage, avance une note publiée par l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Pour mémoire, l’organisation internationale basée à Genève anticipait jusque-là une progression de 4,7 % du commerce mondial en 2022.

"Le gros des souffrances et des destructions est ressenti par le peuple ukrainien, mais les coûts en termes de réduction des échanges et de production seront probablement ressentis par les populations du monde entier en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires et de l'énergie et de la réduction de la disponibilité des marchandises exportées par la Russie et l'Ukraine", indique l’OMC. La place occupée dans les échanges mondiaux par la Russie et l’Ukraine est particulièrement stratégique. En effet, ces deux économies sont de gros exportateurs mondiaux de produits essentiels, notamment de denrées alimentaires et d'énergie. Dans le détail, les deux pays ont fourni environ 25 % du blé, 15 % de l'orge et 45 % des exportations de produits de tournesol en 2019. De plus, la Russie représente à elle seule 9,4 % du commerce mondial de combustibles, dont une part de 20 % des exportations de gaz naturel.

D’autre part, la Russie et l'Ukraine sont également des fournisseurs clés en matière d'intrants dans les chaînes de valeurs industrielles. De fait, la Russie est l'un des principaux fournisseurs mondiaux de palladium et de rhodium, des intrants clés dans la production de pots catalytiques pour les automobiles, à l’origine d’un quart de la demande mondiale d'importation de palladium en 2019. L’Ukraine, elle, joue un rôle primordial dans l’industrie des semi-conducteurs à travers la quantité de gaz néon qu’elle produit – matière première indispensable pour les lasers utilisés dans la fabrication des puces. Ainsi, "les perturbations dans l'approvisionnement de ces intrants pourraient frapper les producteurs automobiles à un moment où l'industrie se remet à peine d'une pénurie de semi-conducteurs", analyse l’OMC.

Géographiquement, le Vieux continent, principale destination des exportations russes et ukrainiennes, devrait subir l'essentiel des retombées économiques.  

Par ailleurs, la réduction des exportations de céréales et d'autres denrées alimentaires fera également grimper les prix des produits agricoles, avec des conséquences négatives pour la sécurité alimentaire des régions les plus pauvres. L'Afrique et le Moyen-Orient sont les régions les plus vulnérables, car elles importent plus de 50 % de leurs besoins en céréales d'Ukraine ou de Russie. Au total, 35 pays d'Afrique importent des denrées alimentaires et 22 importent des engrais d'Ukraine, de Russie ou des deux. Certains pays d'Afrique subsaharienne risquent de voir les prix du blé augmenter de 50 à 85 % en raison de l'impact de la guerre sur les expéditions de céréales en provenance de la région. "Les pays les plus pauvres sont fortement menacés par la guerre, car ils ont tendance à consacrer une fraction plus importante de leurs revenus aux denrées alimentaires par rapport aux pays plus riches", déplore le rapport, qui prévient que "cela pourrait avoir un impact sur la stabilité politique"

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article