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Macro-économie / Taux / CAC 40 / dow jones / LVMH / nikkei 225

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CAC 40 / dow jones / LVMH / nikkei 225

Pourquoi le CAC 40 explose

L'Indice boursier de la Place de Paris a affiché un nouveau record hier dans un contexte économico-politique tendu. Explications.   

Hier à la mi-journée le CAC 40 s'est envolé à 5.831,1 points, son plus haut jamais atteint depuis 2007, lorsque l'indice explosait à la veille du choc économique et financier majeur que le monde a connu au moins deux ans durant. Sans pour autant théoriser une future anémie, l'appétit des investisseurs pour les 40 valeurs françaises est tout de même étonnant à priori alors que les performances des grandes entreprises sont plutôt en baisse et que la croissance mondiale est en berne. 

On dirait que les investisseurs ont décidé de voir le verre à moitié plein et la tendance est mondiale. Les principaux indices de la Bourse de New York ont tous terminé à des niveaux inédits hier lundi, entraînés par un regain d'optimisme sur le front commercial au moment où les résultats d'entreprises et les indicateurs sont moins mauvais que prévu, tant du côté français qu'américain. Après que le principal conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow, a fait état vendredi d'énormes progrès dans les discussions, le ministre du Commerce Wilbur Ross a lui aussi fait part de son optimisme dimanche sur la conclusion d'un accord commercial avec la Chine d'ici à la fin du mois. Le marché s'est laissé convaincre, et tant pis si le deal sera probablement partiel, incomplet et donc bancal. Les États-Unis ont aussi annoncé autoriser certaines firmes à collaborer avec Huawei, même si le Groupe chinois reste toujours sur liste noire jusqu'à nouvel ordre, et s'il est toujours considéré comme le cheval de Troie de Xi Jinping. 

Aux arguments microéconomiques et géopolitiques, s'ajoutent une considération macroéconomique. Les faibles taux d'intérêt incitent les investisseurs à rechercher le rendement. Tant pis si le déclin des taux d’intérêt dans le contexte actuel met à mal la position de capital des intermédiaires financiers, et par conséquent leur capacité de prêt, et donc de financement de l'économie. Et tant pis là encore si la croissance mondiale, elle, a atteint son plus bas depuis dix ans, et devrait être encore plus faible l'an prochain, selon les dernières estimations de l'OCDE.

Les bonnes nouvelles qui poussent les investisseurs sont de façade, sans compter l'autre biais purement mathématique du côté de l'Indice phare de Paris : la pondération par la capitalisation fait apparaître de fortes pondérations concentrées sur quelques secteurs. D'où un effet "boule de neige". Par exemple, lorsque le titre LVMH - dont la capitalisation boursière a dépassé pour la première fois les 200 milliards d'euros hier - grimpe en séance, le CAC 40 en profite davantage que lorsqu'une petite valeur de l'Indice s'envole en Bourse. À la différence, le Dow Jones Industrial Average, comme le Nikkeï 225, sont une pondération sur la valeur des actions qui les composent et non sur la capitalisation boursière des sociétés. Ainsi, si le CAC 40 a pris un peu plus de 23% depuis le début de l'année, ces deux indices n'ont augmenté respectivement que de 17,71% et 15,08%, preuve encore qu'il faut limiter l'engouement. D'un autre côté, le CAC 40 est bien plus représentatif que son homologue américain, dont les trente membres ne couvrent que le quart de la valeur boursière de la Bourse de New York. Bref, la vérité ne sort pas toujours des indices boursiers. 

 

 

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