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Macro-économie / Taux / Brexit / Boris Johnson

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Brexit / Boris Johnson

À un mois des élections britanniques, que prédisent les sites des bookmakers ?

Les élections législatives au Royaume Uni auront lieu le jeudi 12 décembre prochain. Pour l'instant, les conservateurs sont en tête des sondages. Mais les sondages risquent fort de se tromper tant l'électorat traditionnel a évolué depuis le vote sur le Brexit et alors qu'aucun des deux grands partis n'a d'idée claire sur la façon de gérer la sortie de l'UE.
Boris Johnson
Boris Johnson

Dans un mois très exactement, les Britanniques retourneront aux urnes, pour la quatrième fois en cinq ans. Et si les dernières élections de mai 2017, avaient donné plus de 80% aux deux principaux partis du pays, les résultats pourraient être beaucoup plus disparates cette fois-ci et surprendre les attentes des sondeurs, tant les enquêtes d'opinion sont volatiles depuis le début de l'année. Selon la presse britannique, ces élections représentent un véritable casse-tête pour les instituts de sondage et devraient figurer parmi les scrutins les plus difficiles à prévoir depuis 1945.

Il est pourtant habituellement plus facile d'anticiper la coloration politique de la chambre britannique que dans d'autres pays européens lors d'un scrutin législatif puisque le système électoral outre-Manche "first past the post" (scrutin uninominal majoritaire à un tour) signifie que le parti obtenant le plus de voix est celui qui remporte les élections. Ce qui explique d'ailleurs la prépondérance des deux partis traditionnels en Grande-Bretagne, le Labour et les Tories.

Mais la donne est cette fois-ci est différente. D'une part parce que les électeurs n'ont jamais été plus susceptibles de changer de parti. Selon l'institut The British Election Study, lors des deux dernières élections générales - en 2015 et 2017 - entre un tiers et deux cinquièmes des électeurs ont changé de parti entre les deux scrutins. Certes, il n'est pas garanti que les prochaines élections verront autant d'électeurs changer de camp — mais les habitudes de vote des électeurs ont été totalement transformées ces quatre dernières années et il faut du temps pour que de nouvelles habitudes s'établissent. Autre difficulté pour les instituts de sondage, le fait que les électeurs voteront davantage pour un projet de Brexit que pour un parti en tant que tel. Or, aucun parti n'a clairement pris position pour rester ou sortir de l'UE puisque tout dépendra de l'accord de sortie. Les électeurs pourraient donc préférer voter "tactiquement" et chercher le parti qui a les meilleures chances de gagner dans leur circonscription (puisque comme nous l'avons expliqué, les Britanniques élisent leurs députés dans les circonscriptions uninominales où le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de voix remporte le siège).

Les partis politiques plus minoritaires tenteront de tirer profit de cette situation atypique. Le Parti du Brexit tentera de reprendre les électeurs du camp conservateur. Les libéraux démocrates tenteront de convaincre les électeurs du "Remain" que la politique du Parti travailliste à l'égard de Brexit ne fait qu'imiter celle des conservateurs.

Que prédisent pour le moment les sondages à un mois des élections ? Une chute des voix en faveur des deux partis traditionnels, qui au lieu d'obtenir 84% comme en 2017, n'obtiendraient que 60% à eux deux. Les 40% restants seraient occupés par les libéraux démocrates en pleine remontée dans les enquêtes d'opinion et par le parti du Brexit créé il y a quelques mois par l'ancien leader Ukip, Nigel Farage.

Sur le site de paris en ligne britannique Betfair, les conservateurs obtiennent une cote de 1/8, ce qui signifie qu'un joueur qui miserait 8 livres emporterait une livre supplémentaire si le parti emportait effectivement le plus de sièges à la chambre des communes le 12 décembre, soit 12,5% de sa mise. Un pari considéré comme très peu risqué et donc très probable puisque plus les gains sont élevés, plus le joueur prend de risques et moins la probabilité est grande. Les travaillistes obtiennent de leur côté une cote de 6/1, signifiant qu'un joueur misant 1 livre en emporterait 6 de plus en cas de victoire du parti de Jeremy Corbyn. C'est six fois plus que sa mise et donc considéré comme une option moins probable que la victoire des conservateurs. Les libéraux démocrates obtiennent quant à eux une cote de 50/1 et le Brexit Party de Nigel Party 66/1. Les paris en ligne sont donc assez consensuels et prédisent à peu près les mêmes résultats que les organismes de sondages traditionnels. Rappelons qu'aucun site de paris en ligne n'avait prédit la sortie du Royaume-Uni de l'UE en juin 2016.

Les Anglais, peuple de parieurs par excellence, ont également placé leur mise sur le nom du futur premier ministre : et c'est Boris Johnson qui obtient la cote la plus faible, de 1/3 devant Jeremy Corbyn (2/1) loin devant Nigel Farage (100/1) ! Les joueurs peuvent aussi parier sur la probabilité d'un second référendum (cote de 2/1), sur l'arrêt total de la circulation des trains sous le Tunnel sous la Manche sept jours de suite en cas de Brexit (cote de 10/1) et sur les aliments que la Grande-Bretagne rationnera en premier si le pays sort de l'UE (cote de 18/1 pour le fromage, de 2/1 pour l'essence ou de 11/1 pour le lait).

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