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La croissance appartient-elle au passé ?
Joseph Stiglitz, professeur d'université à l'Université Columbia, co-lauréat du prix Nobel Memorial en 2001, et ancien économiste en chef de la Banque mondiale, s'est exprimé dans les colonnes de Project Syndicate sur la notion de croissance.
C'est maintenant clair, nous vivons au delà des limites de la Planète Terre et si nous ne changeons rien, les conséquences seront graves. L'extinction des espèces, la montée des océans, la perte des récoltes, des risques sanitaires imprévus et des conditions de vie insensées pour certaines classes de la population mondiale, sûrement de celles qui vivent déjà dans des conditions déplorables actuellement. La notion de réfugié climatique créera une crise économique et diplomatique sans précédent. Il suffit de regarder comment celle des migrations massives liées aux guerres est actuellement gérée.
Après avoir dressé un tableau pessimiste mais réaliste de la situation vers laquelle se dirige le Monde s'il choisit de ne pas agir, tout en saluant les efforts des dirigeants européens pour qu'il soit au moins neutre en carbone d'ici à 2050, Joseph Stiglitz insiste sur l'erreur de rêve la décroissance. "Aussi erronée que puisse être l'obsession d'un PIB en constante augmentation, sans croissance économique, des milliards de personnes resteront privées de nourriture, de logement, de vêtements, d'éducation et de soins médicaux adéquats", explique-t-il, tout en précisant que le Monde a besoin d'une autre forme de croissance, en changeant radicalement son impact sur l'environnement.
C'est aussi la construction du PIB en soi qu'il faudrait revoir. Un ouragan comme Irma peut doper le PIB à court terme en boostant le secteur de la construction par exemple, mais c'est bien une catastrophe écologique et économique sur le long terme. Les patrons les plus cyniques y verront une aubaine, les plus avisés savent que le pays en sortira perdant. La croissance du PIB en elle-même a peu de sens d'un point de vue du développement, il faudrait savoir exactement ce que l'on fait croître et pourquoi.
Nous pouvons atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050, nous dit Stiglitz, "mais cela n'arrivera pas tout seul, et cela n'arrivera pas si nous laissons cela au marché". L'investissement public doit s'accroître - alors qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses... -, couplé à une réglementation forte et une tarification environnementale appropriée. "Et cela ne peut pas ou ne se produira pas si nous imposons le fardeau de l'ajustement aux pauvres : la durabilité environnementale ne peut être atteinte qu'en tandem avec des efforts pour atteindre une plus grande justice sociale", conclut-il.
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