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WeWork / adam neumann / parachute doré
Les parachutes en or dans la mine pillée de WeWork
À la rentrée dernière, sous la pression des actionnaires, le cofondateur de la société de bureaux partagés WeWork a démissionné de ses fonctions de directeur général. Un peu plus d'une semaine après que WeWork a suspendu en catastrophe son projet d'IPO, tant les investisseurs institutionnels se sont méfiés de cette machine à brûler du cash.
Le personnage fantasque du PDG de WeWork Adam Neumann n'avait rien arrangé à l'affaire. Il avait emprunté 380 millions de dollars en utilisant ses parts de la société comme garanties juste avant le projet de l'IPO, et inquiété Wall Street par la même occasion en se désengageant de sa propre société, lui qui détenait par ailleurs la majorité des droits de vote, et qui avait nommé sa femme à la direction de la filiale éducation du groupe. Les manœuvres financières du dirigeant ont fait grincer des dents les porteurs de parts, comme quand il a choisi d'investir personnellement dans l'immobilier pour ensuite louer à WeWork. L'influence démesurée du piètre trésorier sur la conduite de la société a contribué à faire fuir les derniers investisseurs, les premiers ayant déjà été douchés par les expériences Lyft, Slack ou encore Uber, ces start-up prometteuses mais déficitaires. Alors voilà comment en peu de temps, WeWork est passée du statut de la start-up à la valorisation la plus élevée aux États-Unis, à la société humiliée par la mainmise d'un patron et ses désirs effrénés de conquête.
Mais s'il faut s'en faire pour la société, la nouvelle gouvernance n'a pas à se soucier de l'avenir. Comme le révèle le Financial Times, WeWork devra payer près de 17 millions de dollars pour remplacer ses CEO dans le cadre de plans de sortie négociés par SoftBank, en vue du sauvetage de l'entreprise. Plus en détail, Artie Minson et Sebastian Gunningham, qui sont devenus co-CEO après le départ du fondateur et chef de la direction de WeWork, Adam Neumann, en septembre, recevront chacun 8,3 millions de dollars s'ils sont licenciés ou s'ils quittent l'entreprise. Jennifer Berrent, patron du contentieux, recevra 1,5 million de dollars dans le cadre des mêmes scénarioq.
Ces modalités de sortie - exposées dans des documents envoyés aux actionnaires de la société déficitaire -, donnent un aperçu supplémentaire de la rémunération au sommet de WeWork dans un contexte de pénurie de liquidités qui l'a obligé à réduire son expansion mondiale et à licencier des milliers de personnes. Le jour de Noël, le quotidien financier révélait aussi le joli cadeau reçu par Neumann lui-même, qui est parti avec un package de sortie de 1,6 milliard de dollars, et pourrait gagner des centaines de millions de dollars supplémentaires, grâce à un accord qui a révisé les termes de certains de ses intérêts économiques restants dans la société.
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