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Macro-économie / Taux / Mark Carney / climat

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Mark Carney / climat

Mark Carney tance les entreprises sur le climat

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre enjoint les entreprises de faire davantage pour le climat. Au regard de leur comportement actuel, il va être de plus en plus compliqué d'atteindre l'objectif de limitation du réchauffement climatique à 1,5°C d'ici 2100.
Mark Carney - BoE
Mark Carney - BoE

Les entreprises agissent trop lentement pour lutter contre la crise climatique au risque de dégâts irréversibles, prévient Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE) et futur envoyé spécial de l'ONU pour le climat. "Pour chaque entreprise, institution financière, gérant d'actifs, fonds de pension ou assureur, la question est : quel est votre plan ?", a lancé hier le gouverneur de la BoE sur la BBC. Mark Carney, qui doit quitter son poste en mars prochain, prévient que la crise climatique est "une tragédie qui se profile" avec "davantage d'événements météorologiques extrêmes", estimant qu'il sera bientôt "trop tard pour agir".

Si selon lui, le secteur financier a commencé à prendre conscience des enjeux climatiques en annonçant limiter ses investissements dans les énergies fossiles, notamment le charbon, il note toutefois que, "cela n'avance pas assez vite". "La crainte est que nous passions encore une décennie avec des choses louables mais pas suffisantes (...) et que nous dépassions très rapidement la limite de 1,5°C", souligne-t-il, en référence à l'objectif de l'accord de Paris limitant le réchauffement par rapport à l'ère pré-industrielle. Enfin, il avertit les entreprises sur le fait que leurs actifs pourraient vite n'avoir plus aucune valeur, si elles persistent à investir dans les énergies polluantes qui seront à terme mises de côté.

A la tête de la BoE, Mark Carney n'a eu de cesse de mettre en garde le monde des affaires sur les risques liés à l'urgence climatique. Encore récemment, lors de la COP 25 à Madrid, il a milité pour rendre obligatoire l'évaluation et la publication des risques climatiques pour les entreprises. Concrètement et preuve de son influence et de sa détermination, la Banque d'Angleterre a récemment lancé un projet pionnier de tests de résistance visant à évaluer d'ici à 2021 les risques que fait peser le réchauffement de la planète sur le système financier.

Dans le détail, le test que souhaite réaliser la Banque d'Angleterre, baptisé "scénario exploratoire biennal" (BES), prévoit d'analyser les conséquences d'un changement climatique d'ampleur (hausse des températures, des émissions de C02 et de la fréquence de catastrophes naturelles), mais aussi celles rattachées à la transition écologique, pour les grandes banques et les principaux assureurs britanniques. Les entreprises concernées devront, à partir du second semestre 2020, quantifier les risques associés à trois scénarios. Le premier imagine une transition écologique progressive pour limiter le réchauffement climatique à 2 degrés d'ici à la fin du siècle. Le second table également sur une limitation à 2 degrés avant 2100 mais avec des mesures politiques plus tardives et donc plus brutales. Le dernier scénario est celui d'une absence de transition écologique conduisant à un large dépassement de l'objectif défini dans l'Accord de Paris.

Par ailleurs, en plus d'évaluer les effets de ces trois scénarios sur leur activité, les banques et assurances devront imaginer les mesures à mettre en place pour limiter les risques. Elles auront ensuite la possibilité de les réviser pour répondre aux remarques soulevées par la Banque d'Angleterre, qui prévoit de publier les résultats en 2021.

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