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Politique européenne / commission européenne / Brexi

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Johnson-Van der Leyen : entente "discordiale" sur le Brexit

La nouvelle cheffe de l'exécutif européen a rencontré hier le Premier ministre britannique à Londres pour commencer à discuter du contenu de l'accord commercial entre l'UE et le Royaume-Uni. Selon Ursula van der Leyen, Boris Johnson ne parviendra pas à conclure un deal en douze mois.
Van der Leyen Boris Johnson
Van der Leyen Boris Johnson

La première rencontre officielle entre le -nouveau- premier ministre britannique et la nouvelle présidente de la Commission européenne s’est certainement mieux déroulée que le premier dîner entre Theresa May et Jean-Claude Juncker d’avril 2017, qui avait viré au clash. On se souvient de la petite phrase de l’ancien président, restée célèbre dans l’histoire du Brexit, "je quitte Downing Street, dix fois plus sceptique qu’en y arrivant". Boris Johnson et Ursula van der Leyen ont cette fois-ci affiché un sourire de circonstance, afin de relancer quatre années de négociations difficiles entre Bruxelles et le Royaume-Uni, et alors que le pays s’apprête à sortir de l’UE pour de bon d’ici la fin du mois. Mais si les deux responsables, qui ont fréquenté la même école de la London School of Economics, à quelques années d’intervalle, ont tenté de faire bonne figure, les lignes de rupture sont clairement apparues. Ainsi, la présidente de la Commission a répété que le pays ne parviendrait jamais à trouver un accord commercial avec l’UE d’ici la fin de la période de transition le 31 décembre 2020, et incité le Premier ministre anglais à revoir sa position sur le sujet.

Boris Johnson a effectivement déclaré pendant toute la campagne législative qu’il n’y aurait pas d’extension de la période de transition ; période qui prendra effet dès que le pays aura quitté l’UE le 30 janvier prochain, et durant laquelle le Royaume-Uni restera membre de l’Union mais sans plus avoir voix au chapitre en termes de décision. Le premier ministre anglais souhaite donc que cette situation, où son pays devra appliquer les règles de l’UE sans participer aux réunions et aux conseils européens, dure le moins longtemps possible. Selon le porte-parole de Downing Street, le Premier ministre a ainsi déclaré hier qu’il voulait obtenir "un accord de libre-échange de type canadien le plus tôt possible après le 31 janvier prochain". "Le Premier ministre a réitéré que nous voulions un vaste accord de libre-échange couvrant les biens et les services, ainsi qu'une coopération dans d'autres domaines", a déclaré le porte-parole.

Un projet tout à fait irréalisable selon la présidente de la Commission, qui était invitée à la London School of Economics pour donner sa vision des négociations, avant sa rencontre à Downing Street. Le commissaire au Brexit Michel Barnier, également convié à la conférence, a pour sa part rappelé que le pays devrait renégocier plus de 600 accords internationaux couvrant des domaines aussi variés que la défense, les transferts de technologie, la pêche ou encore l’agriculture. "Il est fondamentalement impossible de négocier sur tous ces sujets en si peu de temps", a affirmé la Commissaire. Elle a également averti que l'accès au marché unique sans barrière douanière était assorti de conditions et que la Grande-Bretagne devrait accepter des règles du jeu équitables en matière de droits des travailleurs, d'environnement et de mesures antidumping. Une façon de mettre en garde le Premier ministre qui souhaiterait obtenir tous les avantages de l’UE sans conserver les règles européennes.

L'un des premiers sujets de négociation concernera l'avenir des relations financières entre l'UE et la Grande-Bretagne : conformément à la déclaration politique rédigée en annexe de l'accord de sortie du pays, et qui décrit les grandes lignes des futures relations commerciales avec l'UE, Bruxelles devra décider unilatéralement d'ici fin juin si elle accorde l'équivalence dans 26 domaines du secteur financier. Le texte de la déclaration précise également que l'UE et la Grande-Bretagne devront avoir trouvé un accord sur la question de la pêche d'ici le 1er juillet 2020. Services financiers et pêche, deux sujets prioritaires donc, sur lesquels les responsables des deux camps devraient commencer à plancher dès le 1er février. Mais l'exécutif européen et les législateurs anglais risquent de se heurter à de nombreux obstacles tant les intérêts économiques dans ces deux domaines sont importants de part et d'autre de la Manche.

Sur une note plus optimiste, la présidente de la Commission a tout de même tenu à démontrer sa volonté de négocier le meilleur accord possible pour les deux parties. "Nous sommes prêts à concevoir un nouveau partenariat avec des droits de douane nuls, des quotas nuls, un dumping nul " et " un partenariat qui va bien au-delà du commerce et dont la portée est sans précédent ", a-t-elle dit. "Nous sommes prêts à travailler jour et nuit pour accomplir tout cela dans les délais dont nous disposons". Mais à l'impossible, nul n'est tenu. Et Bruxelles espère que le fougueux Premier ministre britannique se rendra à l'évidence dès les premiers mois de négociations.

 

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